Malgré l’effet désinflationniste d’un shekel fort, le consensus du marché est clair : la Banque d’Israël devrait laisser son taux directeur inchangé lors de la réunion de la semaine prochaine.
Pourquoi la Banque d’Israël temporise
Plusieurs facteurs plaident contre une baisse immédiate des taux : la solidité de l’activité économique, la croissance, l’incertitude géopolitique persistante, le déficit budgétaire prévu par le gouvernement et un marché du travail extrêmement tendu. Autrement dit, même si le shekel fort allège la pression inflationniste, les conditions macroéconomiques ne justifient pas, à ce stade, un assouplissement monétaire rapide.
Gaz, armement et high-tech : les moteurs du shekel
Le retournement du sentiment sur la monnaie israélienne s’est amorcé après les opérations militaires au Liban, puis s’est renforcé à la suite de l’opération « Am Ke'lavi » face à l’Iran. Cette séquence s’est accompagnée d’indicateurs économiques positifs : baisse de la prime de risque géopolitique, hausse marquée des investissements étrangers, envolée des indices boursiers et forte croissance du PIB au troisième trimestre.
À cela s’ajoute l’affaiblissement global du dollar, notamment dans le sillage des tensions commerciales initiées par l’administration Trump. Mais face au shekel, la tendance est encore plus prononcée. Depuis le début du mois, la monnaie israélienne s’est appréciée de plus de 2 % face au dollar.
Les économistes citent plusieurs catalyseurs : l’annonce d’un accord gazier avec l’Égypte, d’importantes ventes d’armement, le regain d’intérêt pour la high-tech israélienne, illustré récemment par l’annonce d’un exit majeur dans la cybersécurité et la hausse de Wall Street, qui pousse les investisseurs institutionnels israéliens à vendre des dollars pour rééquilibrer leurs portefeuilles.
Un soutien à la lutte contre l’inflation, mais un risque pour les exportateurs
Un shekel fort est un facteur clairement désinflationniste, ce que reconnaît la Banque d’Israël elle-même, estimant que le niveau actuel du taux de change reste compatible avec les modèles économiques. En revanche, l’appréciation de la monnaie pèse sur la rentabilité des exportations. Les économistes relativisent toutefois cet impact : la compétitivité de l’économie israélienne permet, pour l’instant, d’absorber ce choc sans menace immédiate sur les exportations.
Intervention ou statu quo ?