Moyen-Orient

Élections à la tête du Hamas : luttes internes et pressions régionales en coulisses

Le Hamas s’apprête à désigner, dans les prochaines semaines, le nouveau président de son bureau politique, à l’issue d’élections internes au sein du Conseil de la choura, Une succession stratégique, scrutée de près par Israël, tant elle pourrait influer sur la nature des confrontations à venir, la relation avec l’Iran et la capacité du mouvement à gérer – ou provoquer – de nouvelles escalades.

3 minutes
1 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Élections à la tête du Hamas : luttes internes et pressions régionales en coulisses
Deux figures dominent la course : Khalil al-Hayya, chef du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza et Khaled Meshaal, dirigeant historique du mouvement à l’étranger.,

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Al-Hayya s’est imposé au fil des années comme l’un des hommes forts de Gaza. Étroitement impliqué dans la conduite des négociations indirectes avec Israël et dans la reconstruction de l’appareil du Hamas après les vagues d’éliminations ciblées, il bénéficie d’un soutien significatif de la branche armée et d’une forte légitimité interne, renforcée par les pertes personnelles subies pendant la guerre. Pour Israël, son profil renvoie à un Hamas plus ancré dans les réalités de Gaza, soumis aux contraintes militaires, humanitaires et sécuritaires du terrain. Il était d'ailleurs l'une des cibles de l'attaque israélienne à Doha.

À l’inverse, Khaled Meshaal incarne une direction extérieure, dotée d’un réseau international étendu mais perçue comme plus distante du coût direct des affrontements. Bien qu’il conserve une notoriété importante dans le monde musulman, ses positions ne font pas toujours consensus au sein de l’appareil interne du Hamas, en particulier parmi les cadres militaires restés à Gaza. Son retour sur le devant de la scène s’appuie sur une intense activité diplomatique et sur des soutiens extérieurs, notamment en Turquie et au Qatar.

Cette bataille interne dépasse largement le cadre du Hamas. Egypte, Turquie, Qatar et surtout Iran tentent d’influencer le processus. L’Égypte privilégie une direction enracinée à Gaza, jugée plus prévisible et plus contrôlable sur le plan sécuritaire. La Turquie et le Qatar cherchent à préserver le poids de la direction extérieure. L’Iran, acteur clé pour Israël dans cette équation, soutient clairement al-Hayya, perçu comme capable de renforcer l’intégration du Hamas dans l’axe régional de la « résistance » sans fracturer l’organisation.

Pour Israël, l’enjeu dépasse la personnalité du futur dirigeant. Cette élection est analysée comme un indicateur du centre de gravité réel du Hamas – Gaza ou l’étranger –, du degré d’influence iranienne et de la capacité du mouvement à maintenir une discipline interne. Elle conditionnera la gestion des prochaines crises : négociations indirectes, cessez-le-feu, dossiers humanitaires et stratégie militaire globale.

À ce stade, malgré le poids symbolique et international de Meshaal, le rapport de forces interne semble favoriser Khalil al-Hayya. Son assise politique et militaire, combinée à ses liens avec l’Iran, renforce ses chances d’accéder à la tête du bureau politique. Une issue qui, pour Israël, dessinerait un Hamas plus étroitement connecté à l’axe régional iranien, mais aussi davantage contraint par les réalités de Gaza – un équilibre que les décideurs israéliens observent avec une attention soutenue.

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