Société

En Israël, une couverture ne fait pas taire les voix : quand les femmes et les familles imposent leur place

D’une une consacrée au réserviste est née une série de couvertures alternatives, révélatrices d’une société israélienne où la contestation fait partie du débat démocratique, même en temps de guerre.

2 minutes
2 janvier 2026

ParDelphine Miller

En Israël, une couverture ne fait pas taire les voix : quand les femmes et les familles imposent leur place
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Tout est parti d’une couverture du quotidien Yedioth Aharonoth mettant à l’honneur le réserviste israélien. Une image forte, saluée pour son hommage aux combattants mobilisés depuis de longs mois sur les différents fronts. Mais très vite, cette une a suscité une vague de réactions.

« Et nous, où sommes-nous ? » Ont alors fait entendre de nombreuses femmes de réservistes. Épouses restées seules à la maison, mères assurant le quotidien, l’éducation des enfants, le travail, parfois sous les sirènes et l’angoisse permanente. Leur message n’était pas une contestation du rôle des combattants, mais une demande de reconnaissance : derrière chaque soldat mobilisé, il y a une famille qui tient, qui porte, qui continue de faire vivre le pays.

Face à ces interpellations, une deuxième couverture est apparue, intégrant le réserviste aux côtés de sa compagne. Puis une troisième, élargie aux familles, aux enfants, aux parents, aux proches. Enfin, les familles de militaires de carrière, souvent absentes du débat public, ont à leur tour fait entendre leur voix, donnant naissance à une quatrième version.

Cette succession d’images raconte bien plus qu’un simple débat médiatique. Elle illustre une réalité profondément israélienne : une société où l’on s’exprime, où l’on conteste, où l’on réclame sa place, y compris dans un contexte de guerre. Une démocratie vivante, parfois bruyante, souvent imparfaite, mais où la parole circule.

Dans une société encore largement dominée par des codes masculins, notamment dans le domaine sécuritaire, ces réactions mettent en lumière la force des femmes israéliennes. Non pas contre les combattants, mais avec eux. Car si les réservistes sont au front, ce sont leurs épouses, leurs familles, leurs proches qui assurent l’arrière, maintiennent la vie quotidienne, travaillent, élèvent les enfants et absorbent, en silence, le poids de l’absence.

Ces couvertures successives ne s’annulent pas. Elles s’additionnent. Elles racontent une même histoire sous plusieurs angles : celle d’un pays en guerre, porté par ses soldats, mais aussi par toutes celles et ceux qui, loin des combats, permettent à Israël de continuer à fonctionner.

Au fond, ce débat n’a pas affaibli le message initial. Il l’a enrichi. En Israël, même une une de journal peut devenir un espace de dialogue. Et rappeler qu’aucune force ne tient seule — ni sur le front, ni à l’arrière.

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