Selon l’agence iranienne HRANA, proche des organisations de défense des droits humains opposées au régime, au moins 119 civils ont été arrêtés, sept personnes tuées et 33 autres blessées au cours des cinq premiers jours de manifestations, désormais recensées dans 32 villes.
Dans ce contexte explosif, le président américain Donald Trump a adressé un avertissement sans ambiguïté à Téhéran. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a écrit que si l’Iran « tire et tue violemment des manifestants pacifiques, comme c’est sa pratique », les États-Unis « viendront à leur aide ».
« Nous sommes prêts, armés et disposés à agir », a-t-il ajouté.
Cette déclaration a immédiatement suscité une réaction au sommet du régime iranien. Ali Larijani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a dénoncé sur le réseau X une tentative d’ingérence étrangère : « Les déclarations de responsables israéliens et de Donald Trump révèlent ce qui se tramait en coulisses », a-t-il affirmé, accusant Washington de vouloir déstabiliser la région et de mettre en danger les intérêts américains. Il a appelé le président américain à « prioriser la sécurité de ses soldats ».
Selon HRANA, les forces de sécurité iraniennes ont abandonné toute retenue. Après une phase initiale de contrôle, elles auraient désormais recours à des méthodes de dispersion particulièrement violentes, incluant l’usage d’armes à feu et de moyens antiémeutes lourds. Plusieurs villes auraient été militarisées, avec une présence massive de policiers et d’unités spéciales aux carrefours stratégiques.
À Téhéran, des tirs de gaz lacrymogène ont été signalés dans les ruelles du bazar et à proximité de l’université, tandis que des véhicules blindés ont été déployés sur les places Azadi et Enghelab.
À Machhad, grand centre religieux du nord-est, au moins deux personnes auraient été tuées lors d’une tentative d’intrusion dans un bâtiment gouvernemental.
À Ispahan, les manifestations se sont accompagnées de grèves dans les grandes zones industrielles, tandis que des marches étudiantes ont dégénéré après l’intervention des forces de l’ordre. Des banques liées aux Gardiens de la Révolution auraient été incendiées, et plusieurs véhicules de police endommagés.
Dans la région kurde de Kermanshah, de violents affrontements ont opposé manifestants et unités spéciales, poussant l’armée à envoyer des renforts pour empêcher l’accès à des dépôts d’armes. À Tabriz, au nord-ouest du pays, le bazar s’est joint à une grève totale, paralysant l’activité commerciale.