Moyen-Orient

Iran : Khamenei reconnaît la légitimité des protestations mais accuse l'Occident de les instrumentaliser

"Nous dialoguons avec les manifestants, mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers ; il faut les arrêter", a-t-il dit

3 minutes
3 janvier 2026

ParJohanna Afriat

Iran : Khamenei reconnaît la légitimité des protestations mais accuse l'Occident de les instrumentaliser
Ali Khamenei Photo : Creative Commons (CC-BY-4.0)

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Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a rompu le silence ce samedi en reconnaissant pour la première fois la "légitimité des revendications" des manifestants qui secouent le pays depuis une semaine. Dans un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinat du général Qassem Soleimani, le dirigeant a qualifié de "justifiées" les revendications économiques, tout en appelant à la fin des actions violentes et en accusant l'Occident d'attiser les troubles.

"Les autorités de l'État sont conscientes des difficultés économiques, et le président et les hauts responsables s'efforcent de résoudre le problème", a déclaré Khamenei. "C'est pourquoi les commerçants ont protesté contre la situation, et ils sont parfaitement en droit de le faire", précisant : "Lorsqu'un commerçant constate la situation du pays, la dépréciation de la monnaie nationale et l'instabilité du taux de change et déclare : 'Je ne peux plus faire tourner mon commerce', il dit vrai", a-t-il reconnu.

Toutefois, le guide suprême a rapidement durci le ton, établissant une distinction nette entre manifestants légitimes et "émeutiers". "Nous dialoguons avec les manifestants, mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers ; il faut les arrêter", a-t-il martelé.

L'Occident pointé du doigt

Tout en admettant les difficultés économiques, Khamenei a une fois de plus accusé l'Occident d'instrumentaliser le mécontentement populaire. "C'est un véritable problème, mais l'ennemi y est aussi pour quelque chose. Il est impitoyable et saisit la moindre occasion", a-t-il affirmé, dénonçant l'action d'"instigateurs ennemis et de mercenaires" qui opéreraient au sein des rassemblements.

Le guide suprême a mis en garde contre l'influence de la "propagande ennemie" sur l'opinion publique iranienne. "Nous ne capitulerons pas face à l'ennemi", a-t-il insisté, accusant les responsables occidentaux d'inciter aux manifestations et affirmant que certains manifestants scandaient des slogans contre l'islam et l'État.

Selon l'AFP, les manifestations se sont étendues à au moins 25 villes iraniennes. L'agence de presse locale Mehr a rapporté qu'un membre des Gardiens de la révolution a été tué à l'arme blanche et par balle lors d'un rassemblement dans l'ouest du pays. D'après les organisations de défense des droits humains, au moins dix personnes ont été tuées lors d'affrontements avec les forces de sécurité, des dizaines ont été blessées et plus d'une centaine de manifestants ont été arrêtés.

Les manifestations ont débuté dimanche dernier à Téhéran, initialement contre le coût élevé de la vie et la dégradation de la situation économique, avant de s'étendre à des revendications politiques avec des slogans comme 'A mort le dictateur" visant directement Khamenei. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, des manifestants défilent dans les rues en appelant les autres citoyens à se joindre à eux : "Nous ne voulons pas de spectateurs, rejoignez-nous !" Ces appels s'adressaient principalement aux commerçants et aux citoyens touchés par la crise économique.

Selon les médias locaux, les manifestations actuelles n'ont pas encore atteint l'ampleur de celles qui avaient secoué l'Iran fin 2022 lors du mouvement "Femmes, Vie, Liberté", déclenché par la mort de Mahsa Amini suite à son arrestation par la police des mœurs.

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