La contestation intervient alors que la commission ministérielle pour les amendements législatifs a validé le projet de loi sur la « rationalisation du secteur laitier », ouvrant la voie à son examen à la Knesset. Une décision vécue comme une provocation par les manifestants. Selon les organisations agricoles, la réforme pourrait conduire à la fermeture d’environ 400 exploitations laitières, principalement dans les kibboutzim et les moshavim de la périphérie, mettant en péril la sécurité alimentaire d’Israël. Les agriculteurs alertent également sur un effet domino : la fragilisation de l’ensemble des cultures de plein champ qui dépendent de l’élevage laitier pour l’alimentation animale, et l’abandon de terres agricoles, notamment dans les zones frontalières, du nord au sud du pays.
Les manifestations ont paralysé de nombreux axes. Au nord, des rassemblements ont eu lieu aux carrefours Goma, Tzemach, Megiddo, Ein Hanatziv et Beit HaEmek, mobilisant plusieurs centaines de manifestants et des dizaines de tracteurs. Dans le centre, des blocages ont été signalés aux carrefours Hefer et Bilu, où les agriculteurs ont distribué aux automobilistes… des sachets de chocolat au lait. Au sud, des actions similaires ont eu lieu à Kastina, Gilat et Ketura, avec ralentissements volontaires du trafic, déversement symbolique de lait et distribution de boissons chocolatées. Un geste à la fois provocateur et pédagogique, destiné à rappeler que le combat concerne aussi les consommateurs et l’indépendance alimentaire du pays.
Le président de l’Association des agriculteurs israéliens et secrétaire général du Mouvement des moshavim, Amit Yifrah, a livré un discours particulièrement dur : « Le 7 octobre, les terroristes étaient ici, aux carrefours du sud, avant d’attaquer nos kibboutzim et nos moshavim. Aujourd’hui, nous sommes là pour empêcher l’élimination des agriculteurs. Les éleveurs sont le Dôme de fer de la sécurité alimentaire d’Israël. Ce n’est pas un signal d’alerte, c’est une sirène d’urgence. » Il accuse la réforme de ne pas faire baisser les prix pour les consommateurs tout en créant une dépendance dangereuse aux importations.
Fait notable, des agriculteurs issus du cœur de la mouvance sioniste religieuse, notamment dans le conseil régional de Hevel Yavné, ont rejoint la contestation, malgré l’appartenance idéologique du ministre des Finances à ce courant. Une fracture qui, selon les élus locaux, illustre la profondeur de l’inquiétude face aux conséquences du projet. Le chef du conseil régional de Hevel Yavné, Avi Fux, résume l’état d’esprit : « Il faut réformer et réduire les prix, oui. Mais jamais au prix de la destruction de ceux qui ont bâti, protégé et nourri ce pays pendant des décennies. »
La bataille autour de la réforme du lait est loin d’être terminée — et les agriculteurs promettent déjà de durcir encore la mobilisation si le texte progresse à la Knesset.
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