Economies & sciences

Pluies extrêmes, infrastructures sous tension : Israël face au défi climatique

Israël se prépare à un bouleversement silencieux mais lourd de conséquences : l’intensification des épisodes de pluies extrêmes, c’est le constat central du rapport annuel 2025 sur l’adaptation de l’État d’Israël au changement climatique, publié par le ministère de la Protection de l’environnement, en coopération avec le Service météorologique israélien et le ministère des Transports.

3 minutes
5 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Pluies extrêmes, infrastructures sous tension : Israël face au défi climatique
Inondation à proximité d’un axe routier crédit : Autorité de drainage et des rivières du Carmel

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Contrairement à une idée reçue, le changement climatique en Israël ne se traduit pas seulement par moins de pluie. Le rapport montre une évolution plus complexe – et plus dangereuse : moins de jours pluvieux, mais des précipitations beaucoup plus violentes, concentrées sur des laps de temps très courts. Résultat : un risque accru d’inondations soudaines, de crues rapides et de dommages aux infrastructures. Les données météorologiques analysées sur plusieurs décennies révèlent une tendance claire : alors que la quantité annuelle globale de pluie tend à diminuer ou à stagner, l’intensité des épisodes extrêmes augmente fortement, notamment sur la plaine côtière, dans le centre du pays et dans certaines zones montagneuses. Selon les projections climatiques, l’intensité des précipitations lors d’événements extrêmes pourrait augmenter de 20 à plus de 50 % selon les régions d’ici les prochaines décennies. Des phénomènes autrefois considérés comme exceptionnels deviennent progressivement la norme.

Cette évolution pose un défi majeur aux villes et aux infrastructures israéliennes, dont une grande partie a été conçue selon des normes climatiques aujourd’hui dépassées. Le rapport pointe plusieurs vulnérabilités critiques : réseaux de drainage urbain insuffisants, routes et voies ferrées exposées aux crues soudaines, risques accrus pour les quartiers densément construits et perturbations possibles de l’approvisionnement en énergie et en eau.

Les pluies extrêmes entraînent également des conséquences humaines directes, avec des risques pour la sécurité des personnes, notamment lors de déplacements, ainsi que des impacts économiques significatifs.

Au-delà des villes, les écosystèmes naturels et l’agriculture sont eux aussi en première ligne. Le rapport souligne les risques d’érosion des sols, de dégradation de la qualité de l’eau, de dommages aux cultures et de perturbation des habitats naturels. Dans un pays où les ressources naturelles sont limitées, ces effets cumulés constituent un enjeu stratégique.

Face à ces constats, le rapport appelle à une adaptation en profondeur des politiques publiques. Parmi les axes prioritaires figurent la mise à jour des normes de construction et de drainage, l’intégration systématique des scénarios climatiques dans la planification urbaine, le renforcement des systèmes d’alerte météorologique et une meilleure coordination entre État, collectivités locales et services d’urgence.

L’objectif affiché est clair : anticiper plutôt que réparer, et réduire au maximum les dommages humains, économiques et environnementaux.

Le rapport 2025 ne se veut pas alarmiste, mais il est sans ambiguïté : Israël entre dans une ère climatique plus instable, où les événements extrêmes pèseront de plus en plus lourd sur la résilience du pays. La capacité d’adaptation des infrastructures et des politiques publiques sera déterminante pour limiter les impacts futurs. Le changement climatique n’est plus une projection lointaine. Il est déjà à l’œuvre et il impose des choix rapides, structurants et durables.

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