Les objets et les témoignages exposésrévèlent comment les Juifs ont, avec courage et ingéniosité, préservé le calendrier et célébré les jours saints pendant la Shoah, alors même que les nazis cherchaient à effacer leur foi et leurs traditions.
Les synagogues, cœur de la vie communautaire juive, furent pillées et détruites durant la Shoah, obligeant les Juifs à tenir seuls le compte du calendrier hébraïque. Ils le faisaient souvent au péril de leur vie, à l’aide de méthodes improvisées qui n’étaient pas toujours exactes.
Des calendriers juifs manuscrits et effacés par le temps, utilisés par des détenus dans les camps de concentration et de travail forcé, figurent dans l’exposition. Celle-ci est organisée autour des différentes fêtes, chacune accompagnée d’un écran interactif expliquant les objets présentés, fournissant un contexte historique et relayant des témoignages poignants liés à chaque date.
« Le fait même de s’accrocher au temps pendant la guerre constituait un acte de préservation de l’humanité », explique Michael Tal, directeur du département des objets à Yad Vashem.
Une Haggadah écrite et illustrée par le jeune Elimelech Landau, à partir d’un texte que son père, Shmaryahu, lui dictait de mémoire alors que la famille était cachée à Borysław, en Pologne, est présentée. La famille Landau a survécu à la guerre en se cachant chez une famille polonaise.

Une Haggadah rédigée et illustrée par le jeune Elimelech Landau, d’après un texte que son père, Shmaryahu, lui dictait de mémoire alors que leur famille se cachait à Borysław, en Pologne.
À travers ces objets et ces témoignages, on découvre les multiples façons inventives et courageuses par lesquelles les Juifs ont marqué le calendrier hébraïque et célébré les fêtes, même lorsqu’ils étaient totalement coupés du monde et enfermés dans un quotidien de travail forcé, de déportations et de mort imposé par les nazis. Qu’il s’agisse de l’observance clandestine du shabbat ou de la célébration de Pessah, de Roch Hachana ou d’autres fêtes, ces récits montrent comment la vie et la tradition juives ont survécu.
Une autre partie de l’exposition est consacrée aux objets utilisés pour célébrer les grandes fêtes. Un livre de prières intitulé Le Cri de la captivité a été rédigé de mémoire par Mordecai Glick et Shlomo Ullman dans un camp de prisonniers de guerre en Sibérie. Sa reliure a été fabriquée à partir de carton provenant d’emballages de tabac envoyés aux soldats de l’Armée rouge.
Le shofar utilisé dans le ghetto de Theresienstadt a été conservé. Sont également exposées des prières de Roch Hachana écrites par Naftali Stern dans un camp de travail forcé, à l’aide d’un moignon de crayon, sur des morceaux de sacs de ciment qu’il avait obtenus en échange de précieuses rations de pain.
Le Rouleau d’Hitler, un parchemin en sept chapitres rédigé en 1944 à Casablanca par Prosper Hassine, scribe et enseignant, en parallèle au Livre d’Esther, relate les événements de la Shoah : l’ascension d’Hitler, l’occupation de l’Europe, le meurtre des Juifs et le pillage de leurs biens.
Un crécelle de Pourim fabriquée par Kalmen Micenmacher pour son fils Marcel, alors qu’il se trouvait dans un camp de transit en France, est également exposée. Kalmen Micenmacher et son épouse furent ensuite assassinés à Auschwitz.
Enfin, l’exposition présente des témoignages issus des archives de Yad Vashem relatant des Juifs ayant risqué leur vie pour accomplir la mitsva de s’asseoir dans une soukka. Parmi eux figure le récit remarquable de David Yizraeli, évoquant un rabbin qui vola des planches de couchettes en bois et construisit clandestinement une soukka dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.
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