Moyen-Orient

Iran : Netanyahu durcit le discours, tout en cherchant l’apaisement via Moscou

Entre avertissement public et messages discrets, Israël tente d’éviter le pire scénario : une guerre déclenchée par erreur.

3 minutes
6 janvier 2026

ParDelphine Miller

Iran : Netanyahu durcit le discours, tout en cherchant l’apaisement via Moscou
Photo : Kobi Gideon / GPO

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Le ton est dur, la manœuvre plus subtile. Ces derniers jours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publiquement averti l’Iran que toute attaque contre Israël entraînerait des « conséquences très sévères ». En parallèle, selon des informations rapportées par Israel National News – Arutz Sheva, Netanyahu a utilisé un canal diplomatique discret pour apaiser les tensions : le président russe Vladimir Putin.

D’après la chaîne publique Kan 11, citée par Arutz Sheva, des messages ont récemment été transmis à Téhéran via Moscou afin d’assurer que Israël ne prépare pas, à ce stade, de frappe militaire contre l’Iran. Ces messages auraient notamment été relayés lors de conversations téléphoniques entre Netanyahu et Putin, alors que la nervosité régionale est à son comble.

Cette apparente contradiction — menaces d’un côté, signaux d’apaisement de l’autre — s’explique par une crainte centrale au sein de l’establishment israélien : celle d’une erreur de calcul. Comme l’a analysé le journaliste politique Amit Segal sur les médias israéliens, la peur dominante à Jérusalem est qu’un Iran convaincu d’une attaque imminente ne choisisse de frapper le premier, déclenchant une guerre que personne n’a réellement planifiée.

Le climat est si électrique que le moindre signal peut être surinterprété. Toujours selon l’analyse d’Amit Segal, un épisode récent l’a illustré de manière frappante : l’annonce par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett d’une conférence de presse sur le bien-être des soldats de Tsahal, accompagnée d’un compte à rebours de douze heures et d’une mise en scène dramatique, a brièvement semé la panique à Téhéran. Pendant plusieurs heures, des analystes iraniens ont envisagé l’annonce imminente d’une nouvelle frappe israélienne.

C’est dans ce contexte que les propos fermes de Netanyahu prennent une autre dimension. Lors d’une séance à la Knesset, il a confirmé qu’Israël avait transmis à l’Iran un message clair : en cas d’attaque, la réponse serait extrêmement lourde. Il a également déclaré, aux côtés du président américain Donald Trump, qu’Israël ne permettrait ni la reconstruction du programme nucléaire iranien ni celle de son arsenal de missiles balistiques.

Selon l’analyse d’Amit Segal, le message israélien ne vise pas seulement à prévenir une erreur accidentelle, mais aussi à dissuader un scénario plus dangereux encore : une décision consciente du régime iranien d’attaquer Israël comme ultime tentative de survie politique. Si la direction iranienne devait estimer que sa chute est imminente, une confrontation avec Israël pourrait servir à rallier la population autour du régime, comme cela avait été partiellement observé lors des affrontements précédents.

Dans ce jeu d’équilibre, le recours à Moscou apparaît comme une pièce essentielle. La Russie, qui maintient des canaux ouverts avec Téhéran, est perçue par Jérusalem comme un intermédiaire capable de réduire le risque de malentendu, sans affaiblir la dissuasion israélienne. La ligne de Netanyahu est donc double : dissuader fermement l’Iran tout en signalant, par des voies indirectes, qu’Israël ne cherche pas l’escalade.


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