Société

Après la guerre, alerte sur la santé mentale des jeunes en Israël

Les services d’urgences pédiatriques font face à une hausse préoccupante des situations de détresse.

2 minutes
7 janvier 2026

ParDelphine Miller

Après la guerre, alerte sur la santé mentale des jeunes en Israël
Unsplash

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Les hôpitaux israéliens constatent une augmentation marquée des passages aux urgences pour détresse psychologique chez les enfants et adolescents, avec une part croissante de situations évaluées comme graves. Selon des données du centre médical pour enfants Schneider, rattaché au réseau Clalit et rapportées par Ynet, le nombre d’évaluations psychiatriques liées à des pensées suicidaires est passé de 580 cas en 2023 à 752 en 2024, puis à 930 en 2025, soit une hausse proche de 60 % en deux ans. En parallèle, les cas classés en « risque immédiat » ont fortement progressé en 2025. Pour la Dre Noa Ben Aroya, responsable de la division santé mentale à Schneider, « nous n’avons jamais vu de volumes aussi élevés d’enfants et d’adolescents arrivant aux urgences en détresse émotionnelle sévère », une tendance également observée dans d’autres établissements du pays.

Les spécialistes évoquent un effet différé des crises successives traversées par la société israélienne. La Dre Orit Bar-On, qui dirige la clinique de traitement de la dépression et des comportements suicidaires à Schneider, rappelle que les troubles anxieux, dépressifs et les comportements à risque ont augmenté depuis la période post-Covid, puis se sont aggravés après le début de la guerre « L’Épée de fer ». Elle souligne que l’évaluation du risque suicidaire est devenue la principale cause d’orientation vers les urgences psychiatriques pour les 14-17 ans, avec environ 1 000 adolescents adressés chaque année après des tentatives, et près de 5 % déclarant des pensées suicidaires, selon les estimations communiquées par l’équipe médicale.

Face à cette dégradation, les professionnels appellent à une réponse nationale coordonnée. La Dre Ben Aroya insiste sur la nécessité de renforcer la psychiatrie publique, tant en moyens qu’en attractivité pour les soignants. De son côté, la Dre Yochi Siman Tov, ancienne responsable de l’unité de gestion de crise du ministère de l’Éducation, rappelle que l’Organisation mondiale de la santé recommande depuis plusieurs années de former du personnel éducatif et communautaire à l’identification précoce des signaux de détresse. L’objectif est d’intervenir avant l’hospitalisation, dans les écoles et les cadres sociaux, afin d’éviter que le contrecoup psychologique de la guerre ne s’installe durablement chez une génération déjà fragilisée.


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