Après dix jours de manifestations à travers l’Iran, le bilan humain continue de s’alourdir. Des militants des droits humains ont fait état mardi soir de 35 morts, dont quatre enfants et deux membres des forces de sécurité, ainsi que de plus de 1 200 arrestations. Le régime, qui peine toujours à reprendre le contrôle de la rue, durcit le ton : « Il n’y aura aucune tolérance envers les fauteurs de troubles ». En parallèle, Téhéran accuse Israël et les États-Unis d’alimenter les émeutes et affirme que l’État hébreu cherche à « diviser et saper l’unité nationale ».
Selon la Human Rights Activists News Agency, organisation basée aux États-Unis et s’appuyant sur un réseau de sources internes, les manifestations ont touché 250 foyers de protestation dans 27 des 31 provinces iraniennes. L’Associated Press souligne que cette organisation s’est montrée fiable lors de précédents mouvements de contestation.
Dans la journée de mardi, le site d’opposition Iran International a fait état d’une nouvelle vague de manifestations, notamment au grand bazar de Téhéran, où des affrontements ont opposé manifestants et forces de sécurité. Les médias officiels ont minimisé les événements, évoquant « 150 personnes dispersées à l’arrivée de la police », tandis que des sources proches de l’opposition affirment que les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène.
L’agence iranienne Fars, proche des Gardiens de la Révolution, a de son côté rapporté que 250 policiers et 45 membres de la milice Bassidj avaient été blessés depuis le début des troubles, illustrant l’ampleur de la mobilisation et la tension persistante sur le terrain.
Cette flambée de violences intervient dans un contexte international tendu. Le week-end dernier, le président américain Donald Trump a menacé d’intervenir si l’Iran continuait de tirer sur des manifestants pacifiques. « Si l’Iran tue ses propres citoyens, comme il en a l’habitude, les États-Unis viendront à leur aide. Nous sommes prêts à agir », a-t-il écrit sur Truth Social.
En réponse, Ali Larijani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a mis en garde contre toute « aventure américaine », affirmant qu’une ingérence de Washington provoquerait « le chaos dans toute la région » et porterait atteinte aux intérêts américains.
Les manifestations actuelles trouvent leur origine dans la crise économique aiguë, la chute brutale de la monnaie nationale et l’épuisement social. Il s’agit du premier mouvement de contestation d’ampleur מאז la fin de la “guerre de douze jours” avec Israël, et du plus important depuis les manifestations de 2022 déclenchées par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour port jugé inapproprié du hijab. À ce stade, la mobilisation reste toutefois moins massive que celle observée il y a quatre ans.
La répression s’est encore durcie ces derniers jours. Le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné l’ouverture d’une enquête sur les événements survenus dans la province occidentale d’Ilam, après la mort de manifestants. Il a également confirmé une intervention des forces de sécurité dans un hôpital, où des agents ont fait irruption pour arrêter des protestataires blessés. Une opération vivement condamnée par le Département d’État américain, qui a dénoncé un « crime manifeste contre l’humanité ».
Lundi, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a averti que si le droit de manifester était reconnu, aucune indulgence ne serait accordée aux “émeutiers” ni à ceux qui les soutiennent. Les autorités affirment avoir découvert des caches d’armes et de munitions, accusations régulièrement contestées par l’opposition.
Dans la presse conservatrice iranienne, les journaux Javan et Kayhan ont accusé Israël et les États-Unis de financer les troubles. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré qu’Israël cherchait à « exploiter la moindre occasion pour semer la division et affaiblir l’unité nationale ». Une rhétorique qui traduit la crainte du régime de voir la contestation interne se conjuguer à une pression extérieure accrue.
Malgré les menaces et la répression, le pouvoir iranien n’est toujours pas parvenu à étouffer la contestation, laissant planer le doute sur sa capacité à rétablir durablement le calme.
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