Au 12ᵉ jour de la contestation contre le régime des ayatollahs, l’Iran a connu sa soirée et sa nuit les plus explosives. Des manifestations massives ont éclaté à Téhéran et dans de nombreuses villes, marquées par des incendies de symboles du pouvoir. Face à l’escalade, le régime a coupé Internet et les lignes téléphoniques, tandis que la possible entrée en scène des Gardiens de la Révolution dans les centres urbains illustre la gravité de la crise.

Douze heures sans Internet en Iran, photo : NetBlocks
Des milliers d’Iraniens sont descendus dans les rues jeudi soir, y compris dans la capitale, longtemps restée en retrait. Selon des informations locales, des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à Karaj, tandis qu’à Machhad un civil aurait foncé avec son véhicule sur des membres des forces de l’ordre. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des foules scandant « Mort au dictateur » et brûlant des portraits du guide suprême Ali Khamenei.
À Ispahan, un bâtiment de la télévision d’État a été incendié. À Téhéran, des manifestants ont mis le feu à un panneau commémoratif dédié à Qassem Soleimani, ancien commandant des forces Al-Qods, ainsi qu’à d’autres figures des Gardiens de la Révolution. À Khorramabad, un drapeau de l’Iran monarchique a été hissé sur une statue de la République islamique — un geste hautement symbolique.
Selon des organisations de défense des droits humains, au moins 45 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement. Le régime reconnaît également des blessés parmi ses forces. Un haut responsable iranien a confié au New York Times que de nombreux responsables gouvernementaux se disent désemparés face à l’ampleur des protestations et cherchent comment les contenir.
Toujours selon cette source, les forces terrestres des Gardiens de la Révolution, habituellement chargées de la sécurité des frontières, pourraient être déployées pour reprendre le contrôle des rues. Une telle décision, impliquant des unités plus aguerries que la police ou la milice Bassidj, serait le signe d’une inquiétude majeure au sommet du régime.
En parallèle, Internet et les lignes téléphoniques ont été largement coupés à travers le pays. Cette mise au noir numérique vise à entraver la coordination des protestataires et la diffusion d’images, alors que les actes de vandalisme contre des symboles du pouvoir se multiplient.
À l’étranger, les réactions se sont intensifiées. Le président américain Donald Trump a de nouveau menacé Téhéran : « Si le régime tue volontairement des manifestants, nous frapperons avec force », a-t-il averti, affirmant suivre la situation « de très près ». Le fils du dernier shah, Reza Pahlavi, a lui aussi appelé la communauté internationale à ne pas détourner le regard, estimant que « le monde et Trump observent attentivement ».
Malgré l’ampleur inédite des manifestations, l’évaluation dominante en Israël reste prudente. Les responsables politiques et sécuritaires estiment que le régime iranien n’est pas, à ce stade, au bord de l’effondrement. Ils notent une contestation qui s’étend et se radicalise, mais sans abandon massif des centres de pouvoir ni défections significatives au sein des Gardiens de la Révolution.
Reste que la dynamique actuelle, mêlant colère populaire, répression accrue et coupure des communications, ouvre une phase d’incertitude majeure. L’évolution de la crise en Iran pourrait peser bien au-delà de ses frontières — et influencer directement les calculs stratégiques régionaux, notamment ceux d’Israël.
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