Moyen-Orient

Cessez-le-feu annoncé à Alep après plusieurs jours d’affrontements entre Damas et les forces kurdes

Le ministère syrien de la Défense a annoncé ce matin, vendredi, un cessez-le-feu à Alep, après plusieurs jours d’affrontements intenses avec les forces kurdes, la trêve est entrée en vigueur à 3 heures du matin dans les quartiers de Sheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zeid, zones résidentielles du nord de la ville

3 minutes
9 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Cessez-le-feu annoncé à Alep après plusieurs jours d’affrontements entre Damas et les forces kurdes
Cette photo prise le 8 janvier 2026 montre d’épaisses colonnes de fumée s’élevant des quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep,

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Selon le communiqué du ministère de la défense, cette décision vise à « empêcher toute nouvelle escalade militaire dans les quartiers habités ». Le ministère a appelé les « groupes armés » à quitter les zones concernées avant 9 heures ce matin, précisant que l’armée syrienne escortera les combattants qui se retireront vers le nord-est du pays, tout en garantissant leur sécurité. Ces derniers ne seront toutefois autorisés à emporter que des armes légères individuelles.

L’annonce est intervenue après une nuit de combats violents, marquée par des échanges de tirs et des bombardements ayant provoqué des incendies, que les équipes de secours ont tenté de maîtriser. Des panaches de fumée étaient visibles au-dessus de la ville, tandis que l’artillerie résonnait dans plusieurs quartiers.

Les affrontements, déclenchés mardi, ont déjà contraint plus de 140 000 personnes à fuir leur domicile et fait au moins sept morts parmi les civils, selon les autorités syriennes. Les forces kurdes, notamment les Forces démocratiques syriennes et les unités de sécurité intérieure Asayish, affirment avoir repoussé les offensives de l’armée syrienne.

Cette confrontation directe entre Damas et les autorités kurdes constitue un défi majeur pour le président syrien Ahmed al-Sharaa, qui s’est engagé à réunifier le pays après quatorze années de guerre civile. Les forces kurdes, qui avaient établi une administration semi-autonome dans le nord-est de la Syrie et certaines zones d’Alep, résistent toujours à une intégration complète au pouvoir central.

Le cessez-le-feu intervient après des pressions américaines en faveur d’une désescalade. Washington a appelé jeudi à mettre fin aux combats, se disant « gravement préoccupé » par la situation. L’émissaire spécial des États-Unis pour la Syrie, Tom Barrack, a affirmé que les États-Unis et leurs alliés étaient prêts à aider à la médiation entre Damas et les forces kurdes.

Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a accusé l’armée syrienne d’avoir sapé les chances d’un accord par ses frappes et le déploiement de chars, avertissant d’un risque de massacres de civils. De leur côté, des responsables gouvernementaux syriens indiquent que des négociations sont en cours sur un éventuel retrait des forces kurdes de la ville.

La Turquie, qui considère les FDS — soutenues par les États-Unis — comme une organisation terroriste, a déclaré être prête à aider la Syrie si elle en faisait la demande. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a estimé que l’attitude des forces kurdes constituait « le principal obstacle à la paix et à la stabilité » dans le pays. À l’inverse, le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, s’est dit profondément inquiet des attaques contre des quartiers kurdes à Alep, évoquant un risque de nettoyage ethnique. Les Asayish ont rejeté les affirmations selon lesquelles elles auraient demandé un passage sécurisé, appelant au contraire au retrait des forces de Damas.

Un accord conclu l’an dernier prévoyait l’intégration complète des forces kurdes d’ici fin 2025, mais les progrès sont restés limités, chaque camp accusant l’autre de faire traîner le processus. Les tentatives de médiation américaines, encore actives ces derniers jours, n’ont pour l’instant pas abouti à des résultats tangibles.

« Les attaques menées par les forces du régime syrien contre la minorité kurde dans la ville d’Alep sont graves et dangereuses », avait tweeté, hier, le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar.

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