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Al Sharaa poursuit son offensive contre la minorité kurde

La conquête des territoires kurdes par le régime syrien se fait dans le silence de la communauté internationale.

3 minutes
18 janvier 2026

ParGuitel Benishay

Al Sharaa poursuit son offensive contre la minorité kurde

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L'armée syrienne a lancé ce week-end une offensive majeure dans le nord du pays, reprenant aux forces kurdes de vastes territoires qu'elles administraient de manière autonome depuis plus de dix ans. Cette opération intervient alors que les États-Unis, traditionnels alliés des Kurdes, observent sans intervenir, privilégiant leur soutien au nouveau président syrien Ahmed al-Sharaa.

Selon les médias syriens, les forces gouvernementales ont pris le contrôle de la ville stratégique de Tabqa et de son barrage, ainsi que du barrage de la Liberté (ex-barrage Baath) à l'ouest d'al-Raqqa. Ces positions étaient tenues par les Kurdes depuis leur victoire contre l'organisation État islamique il y a une décennie, obtenue avec l'appui de la coalition internationale menée par Washington. Cette fois, les Américains se sont limités à des mises en garde verbales.

L'offensive, déclenchée jeudi, coïncide paradoxalement avec un décret présidentiel reconnaissant le kurde comme langue nationale et accordant un statut officiel à la minorité kurde. Le président syrien al-Sharaa a appelé les combattants kurdes à désarmer, après les avoir chassés de deux quartiers d'Alep qu'ils occupaient depuis 2011.

Cette escalade militaire fait suite à l'échec d'un accord conclu en mars dernier prévoyant l'intégration des forces kurdes dans les structures étatiques. Ces derniers jours, l'armée syrienne a massé des troupes à l'ouest de l'Euphrate, exigeant que les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde se redéploient sur la rive orientale.

Bien que les Kurdes se soient retirés hier matin "en signe de bonne volonté" suite à une médiation internationale, ils accusent maintenant Damas de "trahison" après que l'armée a poursuivi son avancée vers des villes et des champs pétroliers non concernés par l'accord. Les forces gouvernementales ont notamment pris le contrôle du champ pétrolier d'Omar, le plus important du pays, et d'un grand gisement gazier.

Pour ralentir la progression ennemie, les Kurdes auraient détruit deux ponts majeurs sur l'Euphrate dans la région d'al-Raqqa.

Face à la rapidité de l'offensive menée par al-Sharaa, les Kurdes évitent pour l'instant l'affrontement direct. Leur dirigeant a sollicité une médiation internationale pour obtenir un cessez-le-feu, mais des observateurs soupçonnent une coordination entre Damas, Ankara et peut-être Washington.

Certains analystes estiment que les États-Unis "ferment les yeux" sur cette offensive rapide, abandonnant une fois de plus leurs alliés kurdes et encourageant indirectement l'expansionnisme djihadiste.

Pour Israël, ces développements constituent une source d'inquiétude, les territoires conquis risquant de rester durablement sous contrôle hostile.

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