Rien ne permet d’affirmer qu’aucune décision n’a été prise. À l’inverse, rien ne permet non plus de confirmer qu’elle l’a été. Le renforcement spectaculaire des forces américaines au Moyen-Orient peut relever d’une préparation opérationnelle concrète, mais aussi d’un levier de pression destiné à contraindre Téhéran à revenir à la table des négociations. La méthode n’est pas nouvelle, surtout lorsque Donald Trump est à la manœuvre.
Le durcissement de son discours ne passe pas inaperçu. Jusqu’ici, lorsque le président américain a formulé des menaces explicites, il lui est arrivé de les mettre à exécution. Cette crédibilité confère un poids particulier à ses déclarations actuelles. La véritable question n’est donc pas seulement de savoir si une action aura lieu, mais sous quelle forme et dans quelle ampleur.
S’agit-il d’une opération limitée, ciblée, destinée à envoyer un message clair au régime iranien ? Ou d’une manœuvre plus vaste visant à provoquer un basculement interne, voire l’affaiblissement structurel du pouvoir en place ? Dans ce second scénario, les responsables sécuritaires en conviennent : une telle opération ne se règle pas en quelques heures. Elle s’inscrirait dans la durée, sous forme de campagne, avec le risque d’une réaction iranienne dirigée contre des alliés régionaux des États-Unis, au premier rang desquels Israël.
Deux options stratégiques se dessinent. La première consisterait à utiliser la pression militaire pour raviver les contestations internes et fragiliser le régime de l’intérieur. La seconde viserait directement les centres de pouvoir, en frappant la direction politique et sécuritaire du pays. Deux logiques très différentes, qui posent toutes deux une question centrale : celle du « jour d’après ». Qui gouvernerait l’Iran en cas de chute ou d’affaiblissement brutal du régime ? Existe-t-il une alternative politique crédible, organisée et prête à prendre le relais ? Ou le vide serait-il comblé par des acteurs que la communauté internationale redoute encore davantage, comme les Gardiens de la révolution ? Les précédents récents montrent qu’un changement de régime mal préparé peut produire plus d’instabilité que de solutions.
C’est peut-être précisément cette équation non résolue qui explique l’absence, à ce stade, d’action militaire américaine visible. Des discussions, des contacts indirects ou des tentatives de verrouillage politique en amont ne sont pas à exclure.
En Israël, les forces armées se préparent à tous les scénarios, en défense comme en attaque. La population, elle, est appelée à faire preuve de résilience, dans un contexte où les signaux restent contradictoires. Même en l’absence de décision publique, les éléments actuels montrent que le dossier iranien est susceptible d’évoluer rapidement.
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