Alors que les frappes contre l’Iran dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion » suscitent un sentiment de victoire en Israël, la chercheuse spécialiste du monde arabe et musulman Idit Bar appelle à la prudence. Dans un entretien accordé à la radio Kan Moreshet, elle estime que certains discours publics créent des illusions sur l’issue rapide du conflit : « Le monde est peut-être meilleur sans certaines figures de la direction iranienne, mais la pensée stratégique persane est extrêmement sophistiquée. Les Iraniens savent exactement où se trouvent nos points faibles ».
Selon la chercheuse, Téhéran exploite deux vulnérabilités majeures : la sensibilité israélienne face aux pertes humaines et la difficulté des sociétés occidentales à supporter des guerres longues. L’objectif serait de pousser l’opinion publique à exiger un retour rapide à la normalité. Pour Idit Bar, le front principal se situe désormais dans l’espace informationnel et psychologique. Elle affirme que l’Iran investit massivement dans des campagnes de manipulation destinées à influencer l’opinion publique israélienne.
Ces opérations passent notamment par les réseaux sociaux, où des contenus en hébreu sont diffusés pour semer la peur et la division. « Ils utilisent des armées de bots et de faux comptes. Même sur mes propres publications, j’ai identifié des commentaires suspects avec des modèles d’écriture artificiels », souligne-t-elle.
L’objectif, selon elle, est clair : identifier les sujets sensibles qui divisent la société israélienne et amplifier ces tensions afin d’affaiblir le pays de l’intérieur.
La chercheuse rappelle également que la menace iranienne ne se limite pas aux missiles. Elle repose aussi sur une idéologie religieuse radicale qui vise à étendre l’influence du chiisme dans la région. Les menaces répétées de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite une grande partie du pétrole mondial, illustrent selon elle la volonté de Téhéran d’exercer une pression globale. Concernant un éventuel changement de régime en Iran, Idit Bar se montre prudente : « Un régime ne tombe pas sous les bombes. Le changement doit venir du peuple iranien lui-même ».
Elle met enfin en garde contre un scénario qu’elle juge dangereux : un retrait prématuré des États-Unis après une victoire proclamée trop tôt. Dans ce cas, prévient-elle, l’Iran pourrait revendiquer une victoire symbolique et renforcer l’ensemble des organisations qui lui sont liées dans la région.
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