Publiée dans la revue scientifique The Astrophysical Journal, cette recherche s’intéresse aux planètes dites en rotation synchrone, des astres qui présentent toujours la même face à leur étoile. Un phénomène fréquent autour des étoiles de petite taille, notamment les naines rouges. Jusqu’à présent, ces planètes étaient largement écartées de la recherche de vie. Leur face exposée à l’étoile est plongée dans un jour permanent, tandis que l’autre reste dans une nuit éternelle, supposée totalement gelée et impropre à la présence d’eau liquide.
La face obscure pourrait abriter de l’eau
L’étude, menée par le professeur Amri Wandel, astrophysicien à l’Université hébraïque de Jérusalem, propose une lecture radicalement différente. À l’aide d’un modèle climatique détaillé, le chercheur montre que la chaleur accumulée sur la face éclairée peut être redistribuée vers la face sombre, maintenant certaines zones à des températures compatibles avec la présence d’eau liquide. « Nos résultats montrent que de l’eau liquide peut exister sur la face nocturne de planètes en rotation synchrone », explique Amri Wandel. « Cela élargit considérablement les environnements susceptibles d’abriter des conditions favorables à la vie, bien au-delà de ce que prédit la notion traditionnelle de zone habitable. » Ces conclusions s’appliquent notamment aux planètes orbitant très près d’étoiles froides de type M ou K, des systèmes autrefois jugés trop extrêmes pour accueillir de l’eau en surface.

Professeur Amri Wandel
Des océans cachés sous la glace
L’étude va plus loin encore en élargissant la zone habitable vers l’extérieur. Sur des planètes éloignées de leur étoile, longtemps considérées comme trop froides, l’eau liquide pourrait subsister sous d’épaisses couches de glace, dans des lacs sous-glaciaires ou intra-glaciaires. « Des planètes qui paraissent gelées en surface pourraient en réalité cacher des réservoirs d’eau liquide en profondeur », souligne Wandel. « Ces environnements invisibles pourraient constituer des habitats potentiels pour la vie. »
Une cohérence avec les observations récentes
Ces travaux permettent également de mieux interpréter certaines découvertes récentes du James Webb Space Telescope, qui a détecté de la vapeur d’eau et d’autres gaz dans l’atmosphère de Super-Terres chaudes orbitant autour de naines rouges, des planètes jusqu’ici considérées hors des conditions favorables à la vie.
En remettant en question les règles établies, l’étude redessine la carte des mondes à explorer et laisse à croire que l’Univers pourrait être bien plus accueillant pour la vie que nous ne l’avons imaginé. Des planètes autrefois jugées trop chaudes, trop froides ou plongées dans l’obscurité permanente pourraient désormais devenir des candidates sérieuses dans la quête de vie au-delà du système solaire. Une perspective qui pourrait profondément transformer les priorités de la recherche astronomique dans les années à venir.
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