Les hauts responsables de l'ONU préviennent que les caisses de l'organisation pourraient être à sec dès juillet, entraînant la fermeture du siège à New York en août. Cette situation menacerait directement les réunions du Conseil de sécurité et l'Assemblée générale annuelle de septembre pourrait être annulée.
Le Secrétaire général António Guterres a adressé une lettre inhabituelle aux ambassadeurs des 196 États membres, les mettant en garde contre un "effondrement financier imminent". Fin décembre, l'Assemblée générale a approuvé un budget de 3,45 milliards de dollars pour 2026, mais d'importantes sommes n'ont pas été débloquées.
Selon un haut responsable onusien, les États-Unis sont responsables d'environ 95% de la dette actuelle, soit près de 2,2 milliards de dollars, incluant les cotisations pour 2025 et 2026. Washington n'a pas répondu aux sollicitations.
Cette crise s'inscrit dans le contexte de la politique du président Trump qui, depuis son retour au pouvoir, a retiré les États-Unis de dizaines d'organisations internationales, dont l'OMS, et annoncé la réduction du financement des missions de maintien de la paix.
Guterres souligne également un problème datant de 1945 : si l'ONU n'utilise pas l'intégralité du budget approuvé, elle doit restituer les fonds aux États membres, même s'ils ne lui ont jamais été transférés. Cette règle, selon lui, conduit l'organisation vers une catastrophe financière.
Le Secrétaire général estime que les États membres doivent choisir : soit payer intégralement leurs cotisations, soit accepter une refonte des règles financières.