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En toile de fond d’éventuelles négociations Iran–États-Unis, Israël met en garde la Maison-Blanche

Alors que se profile la possibilité d’une reprise des négociations entre Washington et Téhéran, Israël a transmis un message clair et ferme à l’administration américaine : attention à une manœuvre de dupes iranienne.

5 minutes
2 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

En toile de fond d’éventuelles négociations Iran–États-Unis, Israël met en garde la Maison-Blanche
"Attention à une stratégie dilatoire de l'Iran", photo : Flash90

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Selon de hauts responsables politiques israéliens, l’Iran chercherait à entraîner les États-Unis vers un accord trompeur, présenté comme un compromis, mais qui laisserait intacte la menace stratégique pesant sur Israël et sur les intérêts américains au Moyen-Orient.

D’après ces sources, un tel accord pourrait inclure des concessions limitées sur le dossier nucléaire et un engagement iranien à ne pas réprimer violemment les manifestants. En réalité, il permettrait surtout à Téhéran de préserver ses capacités militaires et de gagner du temps, sans traiter les enjeux fondamentaux.

Ce message a été transmis directement par le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, ainsi que par plusieurs hauts responsables sécuritaires, lors d’une visite éclair aux États-Unis en fin de semaine. La délégation israélienne a rencontré des responsables de l’administration américaine et de l’appareil militaire. À son retour, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a convoqué une réunion sécuritaire restreinte, en présence de Zamir, du ministre de la Défense Israël Katz et du chef du Mossad, Dedi Barnea, afin d’évaluer la situation après les échanges tenus à Washington.

La principale inquiétude, au niveau politique à Jérusalem, est que le président américain Donald Trump se concentre exclusivement sur la question nucléaire, en laissant de côté la menace des missiles balistiques iraniens et l’activité des réseaux régionaux de l’Iran au Moyen-Orient. Des responsables sécuritaires estiment qu’un tel scénario pourrait repousser un affrontement militaire direct entre Washington et Téhéran, sans pour autant réduire les tensions régionales, appelées à ressurgir plus tard.

Au sein de l’establishment sécuritaire israélien, on souligne que l’Iran fait preuve d’une patience stratégique remarquable. Son objectif reste le maintien et le renforcement de sa puissance militaire. Dans cette optique, Téhéran serait prêt à consentir à des concessions tactiques et temporaires sur le nucléaire, avec l’intention de se renforcer à nouveau lorsque les conditions seront plus favorables. Selon ces évaluations, Donald Trump cherche à épuiser la voie diplomatique afin de démontrer à l’opinion publique américaine et à la communauté internationale qu’il a tout tenté pour éviter la guerre. Mais si l’Iran rejette ses exigences, il resterait déterminé à recourir à l’option militaire.

Des responsables politiques estiment que le président américain n’a pas encore pris de décision finale concernant une frappe. Dans le même temps, les États-Unis poursuivent le renforcement de leur présence militaire au Moyen-Orient, améliorent leur préparation opérationnelle et maintiennent l’option militaire comme alternative crédible. Washington, insistent ces sources, n’entend pas laisser l’Iran gagner du temps en multipliant les manœuvres dilatoires.

Israël veille toutefois à ne pas apparaître comme un acteur poussant les États-Unis vers un affrontement armé. Le message transmis est plus subtil, mais sans ambiguïté : une absence d’action américaine face à l’Iran pourrait être interprétée dans la région comme un signe de faiblesse. Selon des responsables à Jérusalem, un message similaire a également été relayé par le ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, lors de sa récente visite à Washington, malgré un discours public plus mesuré de Riyad.

À Jérusalem comme à Washington, les menaces du guide suprême iranien, Ali Khamenei, sont prises très au sérieux. Celui-ci a averti qu’une attaque américaine entraînerait une guerre régionale. Des responsables sécuritaires indiquent que les États-Unis se préparent à devoir frapper des cibles au Yémen et en Irak si l’Iran tentait d’élargir le conflit. Israël, de son côté, se dit prêt à agir contre le Hezbollah au Liban si celui-ci choisissait d’ouvrir un front nord en soutien à Téhéran.

En public, Donald Trump affiche un calme calculé. Interrogé sur les menaces de Khamenei, il a déclaré espérer parvenir à un accord, ajoutant que, dans le cas contraire, « le temps dira qui avait raison ». Il a également précisé que les navires de guerre américains envoyés dans la région devraient arriver dans les prochains jours, laissant entendre que le déploiement militaire n’est pas encore totalement achevé.

Selon le Wall Street Journal, les États-Unis renforcent actuellement leur dispositif régional de défense aérienne, redoutant qu’une frappe contre l’Iran ne déclenche une riposte massive, incluant le lancement de centaines de missiles balistiques vers des cibles au Moyen-Orient. En plus des systèmes déjà déployés, Washington installe une batterie supplémentaire de THAAD ainsi que des batteries Patriot sur des bases américaines en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, en Arabie saoudite et au Qatar.

Cette initiative vise à protéger non seulement Israël, mais aussi les États arabes alliés des États-Unis et les forces américaines stationnées dans la région. Les responsables soulignent que le scénario d’une escalade multi-fronts est pris avec le plus grand sérieux.

Enfin, selon des responsables sécuritaires de haut niveau, le défi majeur pour Washington ne se limite pas à la menace militaire iranienne. Il concerne aussi la réalité politique et sociale interne de l’Iran. Le pays ne dispose aujourd’hui d’aucune opposition structurée et efficace capable d’entraîner un changement profond, tandis que l’armée régulière et les Gardiens de la Révolution conservent une loyauté interne élevée. Parallèlement, le régime iranien a acquis une solide expérience dans la gestion des pressions extérieures et dans la neutralisation des tentatives de déstabilisation, y compris celles émanant de minorités internes.


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