L’annonce est venue de Téhéran : le chef de l’État iranien a « ordonné l’ouverture de pourparlers avec les États-Unis ». Le calendrier reste incertain, mais le cadre diplomatique commence à se dessiner. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a évoqué un « processus diplomatique » dont les modalités pourraient être finalisées « dans les prochains jours », avec l’appui de médiateurs régionaux. Depuis plus de quarante ans, les canaux diplomatiques directs entre les deux pays sont rompus. Ces dernières semaines, des responsables iraniens ont multiplié les échanges indirects, notamment avec la Russie et la Turquie, afin de préparer le terrain.
Ce retour au dialogue tranche avec le ton adopté par Donald Trump en janvier. Le président américain avait alors pris la défense des manifestants iraniens, dénoncé la répression du régime et évoqué des représailles en cas d’exécutions. Depuis, ces menaces sont restées lettre morte.
Dans ses prises de parole les plus récentes, la situation intérieure iranienne a disparu du discours présidentiel américain. Les manifestations, la répression sanglante et le sort des opposants ne figurent plus à l’agenda. À la place, Washington met en avant sa puissance militaire.
Donald Trump a ainsi insisté sur le déploiement naval américain dans le Golfe, évoquant une « armada » destinée à faire pression sur Téhéran. Objectif affiché : obtenir un accord, sans que ses contours ne soient explicitement définis.
Le changement de ton est net. Le discours très offensif est retombé. Même Marco Rubio a reconnu qu’un renversement du régime était peu réaliste et que tout changement devait venir de l’intérieur.
C’est donc sur le programme nucléaire iranien que les discussions devraient se concentrer. Donald Trump l’a confirmé ce week-end, affirmant vouloir un accord « sans armes nucléaires ». Une ligne rouge assumée, présentée comme non négociable. Une focalisation qui marque la reprise d’un dialogue interrompu brutalement en juin 2025, après des frappes israéliennes puis américaines contre l’Iran. Jusqu’à cette date, des discussions techniques se tenaient régulièrement, malgré leur complexité.
Côté iranien, le discours se veut pragmatique. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que Téhéran partageait l’objectif de non-prolifération nucléaire, tout en posant une condition claire : la levée des sanctions. « Cet accord est possible », a-t-il assuré, appelant à éviter les exigences irréalistes.
Le contentieux nucléaire reste indissociable de la décision de Donald Trump de se retirer, en 2018, de l’accord international encadrant l’enrichissement de l’uranium iranien. Un retrait qui explique en grande partie l’accélération du programme nucléaire de Téhéran ces dernières années.
Les négociations à venir s’annoncent donc tendues. Les deux camps avancent avec des lignes rouges clairement définies. Washington maintient une stratégie de pression maximale. Téhéran, de son côté, voit dans le dialogue un moyen de gagner du temps, d’alléger l’étau économique et d’éviter de nouvelles frappes.
Derrière les postures, un constat s’impose : ni les États-Unis ni l’Iran n’ont intérêt à une escalade incontrôlée. Reste à savoir si un compromis strictement nucléaire suffira à stabiliser une relation minée par des décennies de défiance et par une réalité régionale de plus en plus explosive.
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