Le Qatar conserve sa réputation de médiateur habile, mais derrière cette posture se cachent des calculs précis. « Le Qatar est toujours intéressé par ses propres intérêts », explique le Dr Ariel Admoni, chercheur spécialisé dans la politique qatarie et intervenant dans des forums académiques, médiatiques, gouvernementaux et sécuritaires, « Ils veulent que les deux camps leur soient redevables, exactement comme ils le font depuis des années. »
Selon lui, Doha a joué un rôle clé dans les discussions nucléaires entre l’administration américaine et Téhéran. « Ils ont été intermédiaires sur le nucléaire, et ce rôle n’a jamais cessé. Ce n’est pas un hasard si le Qatar se positionne toujours comme celui qui facilite le dialogue. »
Le chercheur souligne toutefois une dimension stratégique plus large : « Quand ils parlent de dialogue, ce n’est pas seulement pour éviter les conflits. Cela permet aussi à l’Iran de gagner du temps pour gérer ses propres problèmes internes, comme la répression des manifestations. » Il ajoute : « Al-Jazira présente une image très limitée de ce qui se passe en Iran, donnant l’impression que tout est sous contrôle, alors que la réalité est tout autre. »
Pour le Dr Admoni, la logique qatarie est claire : « Leur objectif est de montrer aux États-Unis et à leurs partenaires qu’ils peuvent obtenir des résultats dans les négociations, tout en préservant le régime iranien. Doha cherche à éviter l’escalade, mais elle oriente subtilement ses actions vers les intérêts de Téhéran. »
Il insiste également sur la dimension économique et symbolique : « Le Qatar bénéficie d’avantages uniques, notamment dans le gaz, qu’aucun autre pays ne pourrait exploiter aussi efficacement. Ils veulent aider les Américains, oui, mais toujours en s’assurant que leurs intérêts et ceux du régime iranien restent protégés. »
Enfin, le Dr Admoni rappelle une conséquence concrète de cette stratégie : « Même dans les périodes de tension, le Qatar sait accueillir le personnel militaire étranger dans ses hôtels. Cela illustre parfaitement leur capacité à conjuguer influence, sécurité et intérêts économiques. »
Pour Israël et ses partenaires, conclut-il, « comprendre la logique qatarie est essentiel. Ce qui semble être de la médiation pure est en réalité un jeu stratégique où chaque geste est calculé pour maximiser l’influence de Doha dans la région. »
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