Les présidents turc et égyptien ont mis en scène un rapprochement stratégique inédit. Soutien affirmé à la souveraineté somalienne, condamnation virulente de la guerre à Gaza, coordination diplomatique régionale et signature d’accords bilatéraux : Ankara et Le Caire revendiquent l’ouverture d’une nouvelle phase dans leurs relations et entendent peser davantage sur les équilibres du Moyen-Orient.
Lors d'une conférence de presse commune au Caire, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Somalie, dans un contexte de tensions autour du Somaliland. Erdogan a souligné que la Turquie et l’Égypte partageaient une position commune sur ce dossier sensible, tandis qu’al-Sissi a affirmé que la coordination entre Ankara et Le Caire constituait un facteur clé de stabilité dans la Corne de l’Afrique.
La guerre à Gaza a occupé une place centrale dans les déclarations. Erdogan a violemment critiqué la politique israélienne, accusant le gouvernement de mener une guerre de destruction et d’affamer la population palestinienne. Il a appelé la communauté internationale à intensifier la pression sur Israël afin d’obtenir un cessez-le-feu immédiat et une augmentation de l’aide humanitaire vers l’enclave.
De son côté, al-Sissi a mis en avant les efforts de médiation menés par l’Égypte, en coordination avec le Qatar et les États-Unis. Il a réaffirmé que seule une solution politique fondée sur la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, permettrait d’instaurer une paix durable. Les deux dirigeants ont averti qu’aucune stabilité régionale ne serait possible sans règlement équitable de la question palestinienne.
Au-delà de Gaza, Erdogan et al-Sissi ont évoqué la crise libyenne, appelant à une coordination accrue pour favoriser un processus électoral crédible et restaurer la stabilité du pays. Les discussions ont également porté sur l’Iran et les risques d’escalade régionale, les deux parties exprimant leur volonté d’éviter une confrontation généralisée susceptible d’embraser le Moyen-Orient.
Sur le plan bilatéral, plusieurs accords de coopération ont été signés dans les domaines de l’énergie, du commerce et de l’industrie de défense. L’objectif affiché est de porter le volume des échanges entre les deux pays à 15 milliards de dollars dans les prochaines années.
Erdogan a conclu la rencontre en évoquant « une nouvelle ère » dans les relations turco-égyptiennes, fondée sur des intérêts stratégiques communs et une volonté partagée de peser davantage sur l’agenda régional.
Cette convergence entre Ankara et Le Caire n’est pas anodine aux yeux d’Israël. Sans constituer une menace sécuritaire immédiate, elle envoie un signal politique préoccupant : deux puissances régionales sunnites, longtemps rivales, s’alignent publiquement dans leur critique de l’État hébreu. Pour Israël, l’enjeu est surtout diplomatique. Cette dynamique risque de restreindre sa marge de manœuvre sur le dossier de Gaza, où l’Égypte joue un rôle central, et de renforcer l’isolement international d’Israël à un moment déjà sensible. Plus qu’un front opérationnel, c’est donc un front narratif et politique que Jérusalem observe avec attention.
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