Les services de renseignement israéliens sonnent l'alarme. Selon des hauts responsables sécuritaires cités cette semaine par le journaliste Yoni Ben Menachem, le Hamas a mis en place une stratégie minutieuse visant à préserver son contrôle sur la Bande de Gaza, y compris si un gouvernement de technocrates venait à prendre formellement en charge la gestion civile de l'enclave.
Les analystes israéliens estiment que l'organisation terroriste ne perçoit pas le comité de technocrates comme une menace sérieuse. Les membres de ce comité, tous résidents de Gaza, demeurent vulnérables aux pressions exercées par le Hamas via leurs familles.
Plus déterminant encore, ce gouvernement technocratique devra s'appuyer sur l'administration déjà en place : quelque 40000 fonctionnaires qui continuent de percevoir leurs salaires du Hamas. Cette réalité permettrait à l'organisation de maintenir son contrôle effectif sur le territoire, même après un transfert officiel des compétences civiles.
Selon les sources sécuritaires, le Hamas chercherait également à engager Israël et les États-Unis dans des discussions sur le désarmement, essentiellement dans l'objectif de gagner du temps. L'organisation compterait sur le Qatar et la Turquie pour infléchir la position du Président américain Donald Trump, tout en cherchant à conserver au minimum son arsenal d'armes légères et antichars.
Dans ce cadre, le Hamas pourrait accepter de remettre des quantités limitées de roquettes à courte portée, d'armes légères et d'explosifs, et même de dévoiler certains tunnels situés à l'ouest de la ligne jaune. Mais cette concession apparente servirait de façade : l'organisation conserverait d'autres moyens militaires, des tunnels inconnus des renseignements israéliens et des capacités de production secrètes.