L'agence de presse Tasnim, proche des Gardiens de la révolution iraniens, a révélé ce jeudi les grandes lignes du scénario militaire qu'envisage Téhéran en cas de conflit avec Washington. Le quotidien britannique The Telegraph a décortiqué ce plan en cinq étapes par lequel la République islamique estime pouvoir résister à l'armée américaine.
Première phase : absorber la frappe américaine
Le scénario d'affrontement débute par une offensive aérienne américaine massive. L'Iran s'attend à des bombardements visant ses sites nucléaires, ses installations militaires et les bases des Gardiens de la révolution, souvent implantées en zones urbaines. Les attaques seraient lancées depuis le porte-avions USS Abraham Lincoln, déjà déployé dans la région, ainsi que par des bombardiers stratégiques décollant du territoire américain ou de bases européennes.
Téhéran anticipe l'utilisation d'avions furtifs, de munitions de précision et de barrages coordonnés destinés à saturer ses défenses antiaériennes. Face à cette menace, l'Iran a dispersé ses infrastructures critiques, développé des structures de commandement alternatives et aménagé de vastes installations souterraines. L'objectif n'est pas d'éviter les dégâts, mais de conserver une capacité de riposte.
Deuxième phase : la contre-offensive régionale
Dans les heures suivant la première frappe américaine, l'Iran prévoit de répliquer par des salves massives de missiles balistiques et de drones. La base aérienne d'Al-Udeid au Qatar, quartier général du commandement central américain, figurerait parmi les cibles prioritaires.
La stratégie repose sur la saturation : des centaines, voire des milliers de missiles lancés simultanément pour submerger les systèmes de défense adverses. Parallèlement, Téhéran activerait son "axe de résistance" : le Hezbollah libanais bombarderait Israël, les Houthis yéménites intensifieraient leurs attaques en mer Rouge, et les milices irakiennes s'en prendraient aux installations américaines.
Cette approche vise à disperser les forces américaines sur plusieurs fronts simultanés, empêchant Washington de concentrer sa puissance contre l'Iran. Téhéran a d'ailleurs prévenu que tout pays soutenant les opérations américaines serait considéré comme "cible légitime".
Troisième phase : la guerre numérique
L'Iran compte exploiter ce qu'il perçoit comme le talon d'Achille américain : la dépendance aux infrastructures numériques. Des cyberattaques cibleraient les réseaux de transport, les systèmes énergétiques, les institutions financières et les communications militaires.
L'objectif : perturber la logistique militaire américaine et semer le chaos dans les pays alliés hébergeant des troupes américaines. En s'attaquant aux réseaux électriques ou aux systèmes d'approvisionnement en eau, Téhéran espère contraindre ces gouvernements à expulser les forces américaines.
Toutefois, les capacités cybernétiques américaines surpassent largement celles de l'Iran. Le Pentagone pourrait riposter en paralysant la production électrique iranienne, en perturbant les systèmes de guidage des missiles ou en piratant les réseaux de communication, souligne The Telegraph.
Quatrième phase : le blocus du détroit d'Ormuz
L'atout majeur de l'Iran réside dans sa position géographique : le contrôle du détroit d'Ormuz, passage obligé de 21 millions de barils de pétrole quotidiens, soit 21 % de la consommation mondiale.
Large d'à peine 39 kilomètres à certains endroits, ce goulet d'étranglement pourrait être miné, bloqué par des navires sabordés, ou rendu impraticable par des attaques contre les pétroliers. Les Gardiens de la révolution s'entraînent à la "tactique de l'essaim", utilisant de petites embarcations rapides armées pour submerger les navires de guerre.
Une telle fermeture ferait flamber les prix du pétrole jusqu'à 200 dollars le baril, voire au-delà, avec des répercussions économiques mondiales catastrophiques. Washington dispose certes de plans d'urgence pour maintenir le détroit ouvert, mais même une interruption partielle bouleverserait les marchés mondiaux.
Cette arme reste toutefois à double tranchant : les exportations pétrolières constituent l'essentiel des revenus de l'État iranien, et la fermeture du détroit pourrait s'avérer plus dévastatrice pour l'économie iranienne que pour ses adversaires.
Cinquième phase : l'usure et le calcul politique
La stratégie de Téhéran repose sur un pari : convaincre Washington que les coûts économiques et humains d'un conflit prolongé dépasseront tous les bénéfices escomptés. Le régime iranien mise sur une "résilience asymétrique" : incapable de l'emporter militairement, il compte rendre la victoire trop coûteuse pour que les États-Unis persistent.
Ce calcul suppose que Washington choisira de négocier plutôt que d'utiliser pleinement sa puissance de feu conventionnelle, capable de détruire les infrastructures et les forces iraniennes.
Mais comme le souligne The Telegraph, cette stratégie présume que les deux camps agiront rationnellement. Or, l'escalade militaire est notoirement imprévisible. Ce que l'Iran considère comme une pression calculée pourrait déclencher une riposte américaine dévastatrice, surtout en cas de pertes humaines importantes côté américain.
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