La Cour d'assises du Rhône a rendu son verdict concernant le meurtre de René Hadjadj, 89 ans, par Rachid Kheniche.
Ce dernier a été condamné à 18 ans de prison ferme alors que le Parquet en avait requis 20. Conformément aux réquisitions du procureur, le mobile antisémite n'a pas été retenu.
Cette motivation a été au coeur des trois jours de procès, les jurés, comme l'avocate générale, ont décidé de l'écarter. L'accusé avait pourtant publié des propos antisémites sur les réseaux sociaux mais le jury n'a pas trouvé de preuves suffisantes pour assortir sa condamnation de cette circonstance aggravante.
Kheniche a reconnu avoir assassiné son voisin, avec lequel il entretenait des relations depuis plusieurs années. Il l'a étranglé puis défenestré assurant avoir eu ''un coup de nerfs'' après une dispute dont le motif reste flou à la fin de la procédure judiciaire.
L'adjointe au maire de Paris, Isabelle Nizard, s'est indignée après ce verdict: ''Hélas, sans surprise, le tribunal n’a pas retenu le mobile antisémite, alors même que ce déchet de kheniche se répandait sur les réseaux sociaux, relayant des clichés antisémites et qualifiant sa victime de sayanim. L’histoire se répète. Après Sarah Halimi, l’affaire René Hadjadj nous renvoie, une fois encore, aux errements de la justice française. Refuser de nommer l’antisémitisme n’est pas un détail. C’est une négation de la réalité et une violence supplémentaire infligée aux victimes. À quoi joue la justice lorsqu’elle minimise des crimes de haine ? Jusqu’à quand banalisera-t-on l’antisémitisme en France ?''.
Plusieurs organisations de lutte contre l'antisémitisme s'étaient constituées parties civiles, notamment la Licra, le Crif, le BNVCA et l'OJF. Me Alain Jakubowicz a, lui aussi, exprimé son désarroi après cette décision de justice: ''La cour n’a pas retenu la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Le dossier montrait pourtant clairement que la malheureuse victime de 89 ans avait été choisie parce que juive. C’est l’accusé lui-même qui avait expliqué son acte par référence à sa judéité. Cela n’a pas suffi. La réalité est que cela n’intéresse personne. Ce n’est pas aux associations de soutenir la circonstance aggravante prévue par la loi, c’est au parquet. Et il ne l’a pas fait…''.
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