Un homme comparaît devant la cour d'assises du Rhône à partir de ce lundi pour avoir tué son voisin âgé en le précipitant depuis un appartement situé au 17e étage, en mai 2022. La victime, René Hadjadj, 89 ans, de confession juive, entretenait des relations de voisinage régulières avec l'accusé, Rachid Kheniche.
Les faits remontent au 17 mai 2022, lorsque le corps du nonagénaire a été découvert au bas de la résidence. L'habitant du 17e étage a rapidement été appréhendé et a admis avoir poussé son voisin dans le vide après une altercation violente, incluant une tentative de strangulation.
Le procès se concentre principalement sur la dimension antisémite des faits. Si l'accusé reconnaît le meurtre, il conteste fermement toute motivation liée à la religion de la victime. Néanmoins, les magistrats instructeurs ont retenu cette circonstance aggravante. "Le meurtre lui-même n'est pas disputé, c'est sa dimension antisémite qui fait débat", précise Me Océane Pilloix, conseil de la défense.
L'accusé, anciennement dépendant aux stupéfiants et sans activité professionnelle, a évoqué un épisode de paranoïa aiguë pour expliquer son geste. Deux évaluations psychiatriques ont identifié une altération de ses capacités de jugement, sans toutefois conclure à une abolition complète, préservant ainsi sa responsabilité juridique.
Dix jours après le drame, le parquet lyonnais avait étendu les investigations pour examiner l'hypothèse d'une motivation antisémite, suite à des découvertes sur les plateformes numériques. L'accusation soutient que l'appartenance religieuse de la victime pourrait avoir influencé le passage à l'acte.
Plusieurs organisations de lutte contre l'antisémitisme se sont constituées parties civiles, notamment la Licra, le Crif, le BNVCA et l'OJF. Me Franck Serfati, représentant deux de ces associations, affirme que "la dimension antijuive est clairement établie". Me Alain Jakubowicz, pour la Licra et le Crif, évoque "des éléments pour le moins préoccupants" nécessitant des éclaircissements.
Cette affaire rappelle le drame de Sarah Halimi, survenu à Paris en 2017. Cette sexagénaire juive avait été brutalement assassinée par un jeune voisin musulman, gros consommateur de cannabis, qui l'avait défenestrée en scandant des invocations religieuses. Reconnu irresponsable pénalement en raison d'une psychose toxique, il avait été hospitalisé d'office, provoquant une vive controverse et conduisant à une modification législative concernant la responsabilité pénale en cas de consommation volontaire de substances illicites.
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