Vie politique

100 millions de tonnes : l’ampleur de l’aide à Gaza a fuité, la droite fulmine

Vive polémique a éclaté aujourd’hui, dimanche, sur les réseaux sociaux, principalement dans des groupes et canaux identifiés à l’électorat de droite et à la base de la coalition : un document officiel divulgué révèle que les quantités de nourriture acheminées à Gaza sont quatre fois supérieures aux besoins réels de la population, selon la méthodologie de l’ONU.

4 minutes
8 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

100 millions de tonnes : l’ampleur de l’aide à Gaza a fuité, la droite fulmine
Source non précisée

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Le message, rapidement relayé en ligne et accueilli avec colère, portait sur la politique définie dans le cadre des accords entourant la phase 1 du plan du président américain Donald Trump pour Gaza. Il y est précisé qu’Israël autorise l’entrée quotidienne et continue d’une aide humanitaire vers la bande de Gaza, à des volumes exceptionnels, en coordination avec le commandement multinational dirigé par les États-Unis et avec d’autres acteurs internationaux. Il est également indiqué que les quantités de nourriture entrées, et continuant d’entrer, à Gaza sont quatre fois supérieures aux besoins nutritionnels actuels de la population, selon les méthodologies des Nations unies.

Depuis le début du cessez-le-feu, selon ce message, environ 4 200 camions d’aide pénètrent chaque semaine dans la bande de Gaza, dont plus de 70 % transportent des denrées alimentaires, pour un volume cumulé de plus d’un million de tonnes en quelques mois.

Derrière la formulation officielle et les chiffres présentés aux ministres se cache toutefois une réalité bien plus complexe. Des responsables politiques israéliens reconnaissent que l’État est aujourd’hui engagé à faire entrer environ 4 200 camions d’aide humanitaire par semaine, alors qu’au sein des cercles politiques et sécuritaires prévaut une estimation largement partagée selon laquelle ce volume est très supérieur aux besoins réels et qu’il renforce le Hamas sur le terrain.

Selon ces responsables, l’engagement sur le nombre de camions ne découle pas d’une exigence américaine directe portant sur un volume précis. L’accord a été conclu dans le cadre de la phase A des ententes signées en Égypte, en coordination avec les médiateurs, dans le cadre de la mise en œuvre du plan Trump pour Gaza. Les clauses américaines elles-mêmes évoquent l’entrée d’une aide humanitaire, sans fixer de chiffres. En pratique, un objectif quantitatif clair de 4 200 camions par semaine a été arrêté dans le cadre des accords.

À titre de comparaison, avant la guerre, environ 2 000 camions d’aide par semaine בלבד entraient dans la bande de Gaza. Des sources israéliennes soulignent que, même selon les estimations de consommation des professionnels eux-mêmes, le volume actuel est quatre fois supérieur aux besoins, en particulier dans le domaine alimentaire. Environ 70 % de l’aide transférée aujourd’hui consiste en nourriture ; le reste comprend du matériel médical, des équipements pour abris, des tentes, des vêtements et des couvertures.

Les mêmes sources insistent sur le fait que, contrairement aux affirmations avancées sur la scène internationale, il n’existe actuellement aucune pénurie alimentaire dans la bande de Gaza. Selon elles, les marchés sont approvisionnés, l’aide est abondante et il n’y a pas de crise alimentaire concrète. Elles reconnaissent toutefois que l’ampleur de l’aide complique fortement les capacités de contrôle et de supervision, et permet au Hamas de tirer profit d’une part significative de cette aide.

À ce stade, Israël continue de respecter ses engagements. Pour la phase 2 des accords, aucun engagement chiffré concernant le nombre de camions n’a encore été fixé. Toutefois, tant qu’aucune autre décision n’est prise, la politique définie dans le cadre de la phase A demeure en vigueur.

Dans le dialogue qu’Israël mène avec les États-Unis, une compréhension existe quant au fait que le volume actuel de l’aide est supérieur aux besoins réels et qu’il pose des problèmes d’application et de contrôle. Des responsables politiques précisent néanmoins qu’il n’existe, à ce stade, aucun accord américain de principe pour réduire les quantités, et qu’aucune décision opérationnelle n’a été prise pour modifier la politique.

Selon eux, un volume d’aide adapté aux besoins réels correspondrait à environ 250 camions par jour, mais il ne s’agit pour l’instant que d’échanges de vues. À ce jour, il n’y a ni décision, ni déclaration officielle, ni changement sur le terrain. Même la visite attendue du Premier ministre Benyamin Netanyahou à Washington ne garantit pas une évolution immédiate sur ce dossier.

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