La modification des noms de villes palestiniennes, la suppression des noms de terroristes et l’effacement de certaines cartes ne sont qu’une partie des changements prévus dans le système éducatif palestinien pour l’année scolaire 2026-2027, selon des sources palestiniennes. L’objectif est d’aligner l’enseignement sur les standards de l’UNESCO. Mais cette décision ne passe pas inaperçue au sein du public palestinien.
Ces changements interviennent sous pression de l’Europe et des États-Unis, qui financent directement l’éducation palestinienne. Ils exigent notamment la suppression des cartes indiquant « Jérusalem capitale de la Palestine » dans les manuels de la primaire à la terminale, la modification des noms de certaines « villes palestiniennes » comme Jaffa, et le remplacement de nombreux termes à connotation nationale par des formulations neutres.
Même l’hymne national pourrait être retiré des manuels, tout comme les noms de figures et d’événements historiques controversés jusque-là enseignés : Dalal Mughrabi, terroriste responsable de la mort de 38 personnes (dont 13 enfants) dans « l’autobus sanglant » sur la côte, et le « massacre de Deir Yassin » pendant la guerre d’indépendance. Le chant palestinien « Je me sacrifie pour toi, ma patrie » figure également parmi les contenus désormais interdits.
La classe politique et le milieu académique palestiniens ont vivement critiqué ce processus, avertissant d’un « remaniement de la conscience de la jeunesse » et dénonçant ce qu’ils considèrent comme une « atteinte à la mémoire collective ». Ils estiment que ces changements effacent le combat national sur des questions centrales, comme la situation des prisonniers et le statut de Jérusalem.
De son côté, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à Ramallah a démenti ces accusations, qualifiant les informations diffusées sur les réseaux sociaux de fausses et précisant que les exemples partagés concernaient en réalité des modifications opérées par Israël dans les écoles de Jérusalem-Est. Le ministère parle d’une « israélisation de l’éducation ».
Selon lui, « aucune identité nationale n’est effacée. Les ajustements visent à améliorer la qualité de l’enseignement conformément aux standards internationaux de l’UNESCO, tout en préservant les valeurs et le récit palestiniens. Une réforme globale est en cours, incluant le développement de la profession enseignante, l’extension des écoles interactives et la réforme des examens du baccalauréat ».
Cependant, des responsables palestiniens ont admis anonymement qu’« un réexamen de certains contenus est en cours sous l’effet des demandes européennes pour promouvoir les principes de non-incitation et de non-violence ». Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), a déclaré à l’ONU qu’il avait déjà ordonné la finalisation de la mise à jour des programmes scolaires dans un délai de deux ans.
Le débat se poursuit. L’Autorité palestinienne ne souhaite pas renoncer aux financements européens, et il est probable que les contenus seront effectivement modifiés mais de manière à satisfaire les pays donateurs, qui pourront exprimer leur avis sur le récit palestinien transmis aux jeunes générations.
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