Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a publié ce samedi soir un long document en réponse aux protocoles et documents rendus publics par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, concernant ses réponses au Contrôleur de l'Etat dans l'enquête sur les défaillances ayant conduit à la tragédie du 7 octobre. Dans ce texte, Lapid conteste point par point la version présentée par le chef du gouvernement.
Les heures critiques du 7 octobre
L’un des principaux axes de la réponse de Lapid porte sur le déroulement des premières heures de l’attaque. Il souligne le délai inhabituel entre la réception du premier signalement, à 6 h 29, et la première évaluation formelle de la situation, à 9 h 50. Selon lui, aucune explication satisfaisante n’a été fournie quant à ce laps de temps, durant lequel aucune instruction opérationnelle claire n’aurait été donnée. Il évoque également des versions contradictoires sur l’heure d’arrivée des forces sur le terrain, alimentant les critiques sur la lenteur de la réaction et l’absence de commandement pendant les heures du massacre.
Le document du Shin Bet et les accusations de falsification
Lapid rejette fermement les accusations selon lesquelles des éléments auraient été ajoutés rétroactivement à un document du Shin Bet daté de 5 h 15. Il qualifie ces affirmations de graves et infondées, affirmant que les systèmes de documentation sécurisés ne permettent pas de telles modifications. Selon lui, les éléments contestés ont été enregistrés en temps réel, et l’accusation de falsification viserait avant tout à détourner l’attention des responsabilités politiques.
Le financement du Hamas et les fonds qatariens
Concernant les transferts de fonds du Qatar vers Gaza, Lapid affirme que prétendre que cet argent n’a pas bénéficié aux organisations terroristes est trompeur. Il soutient que des renseignements antérieurs indiquaient clairement qu’une partie de ces fonds servait à renforcer les capacités militaires du Hamas. Des recommandations visant à modifier le mécanisme de transfert auraient été formulées par des experts, sans jamais être mises en œuvre. Selon Lapid, l’aide aurait pu transiter par des canaux civils alternatifs, sans remise directe d’argent liquide.
Permis de travail pour les habitants de Gaza
Lapid conteste également l’affirmation selon laquelle l’octroi de permis de travail à des Gazaouis serait le fait de gouvernements précédents. Il rappelle que cette politique a été poursuivie sur plusieurs années et que le nombre de permis a même été augmenté peu avant le 7 octobre. Il estime dès lors que la responsabilité de cette décision incombe pleinement aux autorités en place.
Assassinats ciblés et alertes de renseignement
Selon Lapid, Netanyahou aurait présenté des citations partielles donnant l’impression que le pouvoir politique souhaitait agir contre des dirigeants du Hamas, tandis que les services de sécurité s’y opposaient. En réalité, affirme-t-il, toute élimination ciblée nécessite l’aval conjoint du renseignement et du cabinet, et lorsque des directives politiques claires ont été données par le passé, elles ont été exécutées.
Il accuse également le Premier ministre d’avoir utilisé de manière sélective des documents de renseignement de 2023, en citant des éléments hors contexte pour étayer sa défense. Lapid rappelle que des avertissements répétés sur une montée des risques sécuritaires, dans un contexte de fortes tensions internes, avaient été transmis aux autorités.
Responsabilité politique et critique de la divulgation des documents
Lapid affirme avoir lui-même alerté publiquement sur les risques d’une flambée de violence, notamment lors d’une conférence de presse le 20 septembre 2023, à la veille de Yom Kippour. Il s’interroge : si le chef de l’opposition avait connaissance de ces avertissements, comment le Premier ministre peut-il affirmer qu’aucune alerte ne lui a été transmise ?
Il critique enfin la manière dont les documents ont été rendus publics, accusant l’entourage de Netanyahou de les avoir divulgués presque intégralement en violation des règles encadrant les documents de sécurité. Selon lui, il s’agit d’un assemblage fragmentaire, comportant des erreurs et des tentatives de manipulation.
« Le Premier ministre porte la responsabilité ultime, même si elle n’est pas la seule », écrit Lapid, évoquant une défaillance grave de l’ensemble du système de renseignement et d’évaluation. Il conclut en affirmant que sa réponse repose sur l’ensemble des informations auxquelles il a eu accès en tant qu’ancien membre du cabinet politico-sécuritaire et de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
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