L'affaire a explosé suite à un discours prononcé jeudi par James Fishback, candidat républicain au poste de gouverneur de l'État de Floride, à l'Université de Floride centrale (UCF), au cours duquel il a déclaré que s'il était élu, il n'avait aucune intention de se rendre en Israël. "Je ne visiterai pas l'État d'Israël", a-t-il lancé à l'auditoire, ajoutant : "Je préfère me rendre au Brésil et dans d'autres pays pour ramener des emplois en Floride, plutôt que de visiter des pays juste pour embrasser un mur stupide."
Ces propos ont été accueillis par des applaudissements d'une partie de l'assistance, une scène enregistrée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant l'indignation.
Leo Terrell, président du groupe de travail de lutte contre l'antisémitisme au ministère américain de la Justice, figure parmi les premiers à avoir condamné ces déclarations. "Je fulmine", a-t-il écrit, soulignant qu'"un appel visant les sites les plus sacrés pour les musulmans, les chrétiens ou tout autre groupe religieux" aurait déclenché une tempête immédiate.
L'organisation StopAntisemitism a également réagi avec force, se déclarant "dégoûtée par cette profanation du Mur occidental" et affirmant qu'il s'agit d'une rhétorique délibérée visant à plaire à des publics extrémistes.
Il faut dire que Fischback n'en est pas à son coup d'essai. Ces derniers mois, il a publié une longue série de tweets et de déclarations anti-israéliennes. Il a notamment accusé l'État de Floride d'avoir "envoyé 385 millions de nos dollars à Israël" et déclaré que, dès son premier jour de mandat, il ordonnerait le retrait de tous les investissements de l'État dans les obligations israéliennes.
Dans l'un de ses tweets, il a qualifié l'affirmation selon laquelle critiquer Israël relève de l'antisémitisme et qu'Israël est le plus grand allié des États-Unis de "fraude" et de "propagande pathétique et gênante".
Dans d'autres publications, Fishback a directement attaqué des politiciens républicains pro-Israël de Floride. Il a notamment qualifié le lieutenant-gouverneur Jay Collins de partisan d'"Israël d'abord", par opposition à l'agenda républicain "l'Amérique d'abord", et a appelé Randy Fine, membre juif de la Chambre des représentants de Floride, à "retourner en Israël". Il a également affirmé que le lobby pro-israélien AIPAC est un "lobby étranger".
Fishback, ancien investisseur et gestionnaire de fonds spéculatifs, est entré dans la course au poste de gouverneur en 2025, tentant de se positionner comme une alternative populiste au leadership républicain traditionnel de l'État.
Il ne bénéficie pas du soutien de Donald Trump. Le Président américain ainsi que le gouverneur sortant Ron DeSantis s'affichent auprès de l'autre candidat républicain, le membre du Congrès Byron Donalds, connu pour sa ligne résolument pro-israélienne, dont Fishback s'écarte radicalement.
Cette affaire marque un tournant inquiétant dans le discours anti-israélien, y compris au sein du Parti républicain, longtemps considéré comme le principal pilier de soutien à Israël aux États-Unis. La capacité de Fishback à recueillir un soutien significatif malgré - ou peut-être à cause de - sa rhétorique hostile à Israël soulève des questions sur l'évolution des attitudes au sein d'une partie de l'électorat républicain.
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