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Ministre iranien des Affaires étrangères : « Nous ne sommes pas prêts à renoncer au droit à l’enrichissement, même au prix d’une guerre »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est exprimé ce matin sur les négociations avec les États-Unis, entamées le week-end dernier, lors d’un discours prononcé à Téhéran dans le cadre de l’événement intitulé « Premier congrès national sur la politique étrangère et l’histoire des relations extérieures »

3 minutes
8 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Ministre iranien des Affaires étrangères : « Nous ne sommes pas prêts à renoncer au droit à l’enrichissement, même au prix d’une guerre »
Abbas Araghchi. Photo: Khamenei.ir https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.en

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. Il a indiqué qu’« il n’y a pas d’autre choix que de mener des négociations », tout en soulignant que l’Iran n’est pas disposé à renoncer à ses droits dans le cadre de son programme nucléaire – au premier rang desquels le droit à l’enrichissement.

« Nous ne sommes pas prêts à renoncer à l’enrichissement, même si une guerre éclate. Pourquoi ? », a interrogé Araghchi, avant de répondre : « Parce que personne n’a le droit de nous dire ce que nous devons faire ou ne pas faire. Nous avons le droit d’enrichir, et c’est nous qui choisissons de l’exercer ou non. » Selon lui, s’il existe des questions concernant le programme nucléaire, l’Iran est prêt à fournir des explications – mais la voie à suivre est celle de la diplomatie.

Il a ajouté que « les négociations ne réussiront que lorsque les droits du peuple iranien seront reconnus. Nous ne demandons pas que l’on nous accorde des droits : ils existent de plein droit, et c’est à l’autre partie de les respecter ». Araghchi a affirmé que « l’Iran ne cherche pas à se doter de la bombe nucléaire. Notre bombe nucléaire, c’est notre capacité à dire non aux grandes puissances. Nous rejetons leur intimidation. Ce droit est inscrit dans notre Constitution, et nous l’avons acquis à un prix élevé. Y renoncer nous coûterait un prix encore plus lourd ».

Poursuivant son discours, Araghchi a déclaré que « même aujourd’hui, leur déploiement militaire dans la région ne nous effraie pas. Nous sommes diplomates et rationnels, mais nous sommes aussi prêts à la guerre ; nous avons nous aussi de la force ». Selon lui, « s’ils s’adressent au peuple iranien dans le langage de la force, nous répondrons dans la même langue ; s’ils nous parlent avec respect, nous répondrons avec respect. Le premier principe de notre politique étrangère est le respect, et le respect signifie préserver l’indépendance et la dignité de l’État ».

Il a également affirmé que les frappes menées contre les installations nucléaires en juin 2025 « n’ont pas atteint leur objectif ». Selon lui, des « bombes non explosées » ont été retrouvées sur les sites visés, ce qui empêche pour l’instant toute inspection sans l’élaboration d’un « protocole approprié », pour des raisons de sécurité et de sûreté.

Il a indiqué avoir contacté le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, pour lui demander s’il existait un protocole spécifique pour les situations où des installations nucléaires ont été attaquées, mais que celui-ci lui avait répondu qu’il n’en existait pas, s’agissant d’un « précédent ». Il a toutefois précisé que l’Iran est en contact permanent avec l’Agence sur cette question.

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