Selon l’article, « les circonstances sécuritaires et économiques actuelles » imposent une réévaluation du modèle en vigueur. L’auteur évoque une convergence de pressions à l’instant présent = « accumulation de menaces », « tensions sécuritaires » et « charges économiques lourdes pesant sur la population » = comme justification à la réouverture du débat sur la structure des forces armées. « La structure actuelle des forces armées correspond-elle encore aux besoins de la sécurité nationale et aux intérêts de long terme de l’État ? », interroge le texte.
Le quotidien rappelle les mémoires de l’ancien président Akbar Hachemi Rafsandjani, dans lesquelles celui-ci relate qu’au 2 avril 1989 il avait évoqué avec le fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeiny, la question de la “dualité” militaire et de ses coûts. Selon ce témoignage, Khomeiny estimait que « l’unification devait se produire à terme », tout en soulignant que « le moment n’était alors pas opportun ».
Après le changement de leadership, le Guide suprême Ali Khamenei a choisi de ne pas promouvoir une fusion complète, préférant maintenir deux cadres militaires distincts.
L’article critique l’élargissement progressif des domaines d’intervention de l’establishment sécuritaire, affirmant que « le problème » s’est aggravé lorsque les missions militaires ont débordé vers l’économie, la politique, les médias et même la diplomatie. Ce glissement, selon l’auteur, a entraîné un chevauchement des compétences, nui à l’image des institutions sécuritaires et servi de « prétexte » au renforcement des pressions et des sanctions internationales contre l’Iran.
L’appel à l’unification des deux branches militaires n’est pas nouveau, mais son apparition dans un journal historique, longtemps identifié au cœur idéologico-religieux du régime, est jugée inhabituelle. Jusqu’à présent, cette idée était restée largement marginale dans le débat public iranien.
Pourquoi l’Iran dispose-t-il de deux armées ?
L’existence d’un système sécuritaire dual est inscrite dans la Constitution iranienne. Celle-ci stipule que l’armée régulière est chargée de « défendre l’indépendance du pays, son intégrité territoriale et le régime de la République islamique », tandis que les Gardiens de la Révolution ont été créés « aux premiers jours de la révolution de 1979 » afin de « préserver la révolution et ses acquis ». La Constitution précise également que les frontières de compétence entre les deux entités doivent être définies par la loi, tout en mettant l’accent sur la « coopération et la coordination ».