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Une enquête révèle l’ampleur des liens entre Credit Suisse et le régime nazi

Selon le rapport, 890 comptes sont potentiellement liés à des nazis, dont 628 appartenant à des personnes physiques et 262 à des entités juridiques

3 minutes
7 février 2026

ParJohanna Afriat

Une enquête révèle l’ampleur des liens entre Credit Suisse et le régime nazi
Agence du Crédit Suisse Photo : iStock

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Une enquête rendue publique cette semaine révèle que la banque suisse Credit Suisse détenait des centaines de comptes bancaires liés au régime nazi, un nombre nettement supérieur à ce qui avait été reconnu jusqu’à présent. Ces révélations sont issues d’un audit mené par des enquêteurs indépendants mandatés par UBS, qui a racheté Credit Suisse en 2023.

Les conclusions ont été présentées mardi devant la commission judiciaire du Sénat américain par Neil Barofsky, avocat chargé de superviser l’enquête. « Ce que l’enquête a révélé jusqu’à présent montre que l’implication de Credit Suisse était plus importante qu’on ne le pensait auparavant », a-t-il déclaré, soulignant « la nécessité de poursuivre les recherches sur cette période sombre de l’histoire moderne ».

Selon le rapport, 890 comptes sont potentiellement liés à des nazis, dont 628 appartenant à des personnes physiques et 262 à des entités juridiques.

Soutien aux filières d’exfiltration

L’enquête met également en lumière le rôle de Credit Suisse dans le soutien à des filières d’exfiltration ayant permis à des responsables nazis de fuir l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, notamment vers l’Argentine. La banque aurait ouvert et géré des comptes pour le compte du Bureau argentin de l’immigration.

D’après Neil Barofsky, ces fonds ont servi à financer des pots-de-vin, à obtenir de faux documents de voyage et à couvrir les frais de subsistance et de transport de fugitifs, y compris de responsables impliqués dans la Shoah.

L’audit a par ailleurs identifié plusieurs cas jusque-là inconnus de ventes forcées de biens appartenant à des Juifs pendant l’Holocauste. Il révèle aussi que Credit Suisse gérait des comptes pour le ministère allemand des Affaires étrangères de l’époque.

Ces révélations interviennent dans un contexte de pressions judiciaires accrues aux États-Unis. Les procureurs américains ont fait pression sur Credit Suisse pour qu’elle plaide coupable dans le cadre d’un règlement lié à des affaires de fraude fiscale impliquant des banques suisses.

En mai dernier, l’Argentine a déclassifié plus de 1 800 documents relatifs aux réseaux d’exfiltration de nazis, à la demande du Centre Simon Wiesenthal. Neil Barofsky a indiqué que ses investigations sur l’implication de Credit Suisse dans ces réseaux se poursuivaient.

Les conclusions de l’enquête constituent un tournant potentiellement explosif après des années de soupçons concernant les liens de la banque avec le régime nazi.

Fonds spoliés et accusations persistantes

Depuis plusieurs décennies, des organisations juives accusent Credit Suisse d’avoir conservé des fonds spoliés à des victimes juives bien après la fin de la guerre. En 1999, la banque avait versé 1,25 milliard de dollars à des associations juives et à des survivants de la Shoah, en compensation de fonds non restitués.

En 2020, le Centre Simon Wiesenthal a accusé Credit Suisse d’avoir dissimulé des informations sur ses liens avec des nazis réfugiés en Argentine. La banque avait alors mandaté Neil Barofsky pour enquêter sur son passé, avant de le licencier en 2022, suscitant l’indignation de plusieurs élus américains, dont le sénateur Chuck Grassley, aujourd’hui président de la commission judiciaire du Sénat. Barofsky avait été réembauché peu après.

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