La visite du président israélien Isaac Herzog en Australie, prévue cette semaine, déclenche une controverse politique inhabituelle et met sous pression le gouvernement travailliste d’Anthony Albanese, accusé par l’opposition de manquer de respect à un chef d’État en exercice.
La polémique s’est intensifiée après la confirmation, par le vice-Premier ministre Richard Marles, que le président Herzog ne s’exprimerait pas devant le Parlement australien lors de son déplacement. Une décision vivement critiquée par plusieurs responsables de l’opposition. Le député libéral Tim Wilson a dénoncé, sur Sky News, une attitude « lâche » du gouvernement, l’accusant d’éviter toute reconnaissance officielle du président israélien pour des raisons politiques.
« Le gouvernement cherche à se soustraire au respect dû à un Premier ministre ou à un chef d’État étranger », a déclaré Wilson. « Il se cache en raison, franchement, de l’antisémitisme qui gagne une partie de la gauche progressiste. » Selon lui, l’exécutif devrait « accueillir, respecter et soutenir pleinement » le président Herzog afin de préserver l’unité nationale.
Malgré l’absence de discours parlementaire, le président israélien doit rencontrer le Premier ministre Anthony Albanese, la ministre des Affaires étrangères Penny Wong et le vice-Premier ministre Richard Marles, ainsi que le gouverneur général. Marles a assuré que Herzog serait reçu « comme il se doit » en tant qu’invité officiel du chef du gouvernement australien.
« Cette visite est importante pour les relations bilatérales entre l’Australie et Israël », a souligné Marles. « Mais elle revêt également une signification particulière après l’attentat de Bondi, notamment pour la communauté juive australienne. » À la demande de cette dernière, le président Herzog a été invité à rencontrer les familles des victimes de l’attaque terroriste survenue à Bondi Beach durant la fête de Hanoukka.
La visite suscite toutefois des tensions au sein même du Parti travailliste. Plusieurs élus ont exprimé leurs réserves, estimant que la venue du président israélien pourrait « nuire à la cohésion sociale ». Le député Ed Husic s’est dit « très mal à l’aise » avec cette invitation, affirmant qu’elle ne contribue pas nécessairement à l’unité nationale. La députée Anne Aly a, pour sa part, qualifié la question de « protocolaire », sans apporter de soutien explicite. La sénatrice écologiste Mahira Faruqi a également appelé à l’annulation de la visite.
Les organisations juives australiennes, quant à elles, soutiennent massivement soutenu la venue d’Isaac Herzog. Le directeur général de la Fédération juive australienne, Robert Gregory, a estimé que cette visite apporterait un soutien moral essentiel aux familles endeuillées. Il a mis en garde contre le risque que des manifestations hostiles ne politisent le deuil et n’aggravent les fractures sociales.
« Le président Herzog occupe une fonction symbolique et apolitique, même s’il est personnellement identifié à des positions de centre gauche », a rappelé Robert Gregory. « Le malaise exprimé par certains députés face à sa visite soulève des questions sérieuses quant à leur capacité à accueillir un responsable israélien juif. »
Il a enfin dénoncé la participation de responsables travaillistes de Nouvelle-Galles du Sud à des manifestations contre la visite présidentielle : « Après le massacre de Bondi, on pouvait espérer davantage de retenue et de responsabilité. Au lieu de cela, certains cherchent à instrumentaliser la douleur de la communauté juive et à transformer un moment de deuil en prise de position politique. »
POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael