Le cœur du blocage reste inchangé : les États-Unis exigent une politique de « zéro enrichissement » afin d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, tandis que Téhéran considère l’enrichissement de l’uranium comme un droit souverain non négociable et un marqueur de son indépendance nationale. L’écart entre ces deux positions réduit drastiquement toute marge de compromis.
À Jérusalem, on estime que les Américains redoutent désormais un scénario bien connu : des négociations longues, sans résultats tangibles, servant principalement la stratégie iranienne de gain de temps. Dans ce contexte, le Premier ministre Benjamin Netanyahou devrait mettre en garde le président Donald Trump lors de leur rencontre prévue mercredi. Il entend souligner que l’Iran exploite le processus diplomatique pour écarter l’option militaire américaine et réclamer un encadrement strict dans le temps des discussions. Selon ces mêmes sources, Netanyahou devrait également avertir qu’une concession américaine sur le nucléaire ou l’abandon du dossier des missiles balistiques permettrait à l’Iran de se reconstituer militairement et de redevenir une menace régionale majeure.
Dans le monde arabe, plusieurs analystes rappellent que toute flexibilité affichée par les négociateurs iraniens reste largement théorique. La décision finale appartient au guide suprême Ali Khamenei et aux cercles durs du régime, ce qui ralentit la dynamique diplomatique et fragilise toute tentative d’accord. À Washington, cette tactique iranienne est perçue comme une manœuvre visant à obtenir un allègement des sanctions sans concessions substantielles.
Les premiers pourparlers tenus à Oman ont mis en évidence l’ampleur des désaccords. Les États-Unis souhaitent un accord élargi, incluant les missiles balistiques et les activités régionales des alliés de l’Iran. Téhéran refuse catégoriquement cette approche et exige que les discussions se limitent strictement au nucléaire. Ce désaccord structurel menace la solidité de tout accord futur, même s’il venait à être signé.
Du point de vue iranien, cette phase est présentée comme une étape préparatoire destinée à instaurer la confiance et à définir un cadre général. En réalité, elle permet surtout à Téhéran de gagner du temps et d’attendre d’éventuelles évolutions régionales ou internationales. Cette approche se heurte toutefois à la méthode Trump, axée sur des résultats rapides et mesurables.
Parallèlement aux discussions, Washington renforce sa stratégie de « diplomatie sous pression ». La participation du commandant du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, aux discussions à Oman a marqué un signal clair : la voie diplomatique reste indissociable d’une démonstration de force militaire. Les États-Unis poursuivent le renforcement de leur présence dans la région et maintiennent l’option militaire sur la table.