La Haute Cour de Londres a infligé un revers au gouvernement britannique en acceptant le recours de l’organisation pro-palestinienne Palestine Action contre son inscription sur la liste des organisations terroristes. Les juges ont estimé que l’interdiction de ses activités était « disproportionnée » et portait atteinte aux libertés d’expression et de réunion.
La décision, rendue vendredi, ne lève toutefois pas immédiatement l’interdiction : celle-ci demeure en vigueur dans l’attente de l’examen de l’appel que l’exécutif a d’ores et déjà annoncé.
L’an dernier, le gouvernement avait classé Palestine Action parmi les organisations terroristes, aux côtés du Hamas et du Hezbollah. Cette mesure faisait suite à une série d’actions revendiquées par le groupe : intrusions sur des sites industriels, dégradations d’équipements militaires et affrontements avec les forces de l’ordre.
En vertu de cette désignation, toute appartenance ou soutien public à l’organisation pouvait être passible de lourdes peines, allant jusqu’à 14 ans de prison. Depuis, près de 3 000 personnes ont été arrêtées, principalement lors de manifestations de soutien ; des centaines ont été poursuivies, sans qu’aucune condamnation définitive n’ait encore été prononcée.
Dans son arrêt, la présidente de la Haute Cour a estimé que seule « une très faible proportion » des actions du groupe pouvait être assimilée à des actes terroristes, rendant l’interdiction globale juridiquement contestable.
Le gouvernement promet de riposter
La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, s’est dite « déçue » par la décision et a confirmé son intention de saisir la Cour d’appel. L’audience est prévue le 20 février. En attendant, la police métropolitaine de Londres a suspendu les nouvelles arrestations liées à l’organisation.
Le Premier ministre Keir Starmer avait qualifié l’une des actions les plus spectaculaires du groupe — l’intrusion sur la base aérienne de Brize Norton, dans l’Oxfordshire, où deux avions militaires avaient été aspergés de peinture rouge — d’acte « honteux ». En 2024, des militants avaient également pénétré dans une usine du groupe israélien Elbit, munis de marteaux et de haches, provoquant des affrontements avec la police.
Créée en 2020, Palestine Action affirme vouloir « mettre fin à l’implication internationale dans le génocide et le régime d’apartheid israélien ». À la sortie du tribunal, ses dirigeants et sympathisants ont célébré la décision. « Nous avons gagné », a déclaré l’une des responsables du mouvement, Huda Ammori, assurant que l’objectif du groupe est « de sauver des vies en Palestine ».
Inquiétude de la communauté juive
La décision judiciaire a suscité une vive réaction au sein de la communauté juive britannique, qui se dit « profondément inquiète ». Plusieurs organisations ont demandé au gouvernement de préciser comment il entend garantir la sécurité des institutions et des citoyens juifs, estimant que certaines actions du groupe ont dépassé le cadre de la contestation politique pour créer un climat d’intimidation.
La ministre de l’Intérieur a rappelé que l’interdiction visait des activités violentes et qu’elle « n’empêche pas les manifestations non violentes sur la question palestinienne ». Elle a néanmoins réaffirmé sa détermination à défendre devant la justice la qualification terroriste du mouvement.
Le bras de fer judiciaire et politique est donc loin d’être terminé.
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