Moyen-Orient

Ferrero Rocher, Kinder Bueno: chocolats et sucreries entrent à Gaza pour le Ramadan

La nature des marchandises livrées à Gaza à l'occasion du Ramadan suscite de vives réactions en Israël.

3 minutes
16 février 2026

ParGuitel Benishay

Ferrero Rocher, Kinder Bueno: chocolats et sucreries entrent à Gaza pour le Ramadan
Etalage de confiseries à Gaza. Photo: Réseaux sociaux

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À la demande de l'administration Trump et à l'occasion du Ramadan, Israël a levé ces deux dernières semaines son interdiction d'importer des confiseries et des boissons sucrées dans la Bande de Gaza. Une décision qui suscite un malaise croissant dans les milieux économiques israéliens, en raison de sa conséquence sur le marché israélien : la flambée des prix à l'approche de la fête de Pourim.

Quatre mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, quelque 700 camions d'aide humanitaire franchissent quotidiennement la frontière de Gaza, conformément aux engagements pris par Israël dans le cadre de l'accord avec le Hamas. Mais depuis mi-février, une partie significative de ces convois transporte non plus des denrées de première nécessité, mais des bonbons, des sodas, des boissons énergisantes de marques internationales — Red Bull, Kinder, Ferrero Rocher — et autres articles de confiserie.

La décision a été prise par le COGAT, le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires. « À la demande de Trump, Israël a accepté de permettre l'entrée de sucreries pour le Ramadan », confirme une source proche du dossier, précisant qu'auparavant seuls les fournisseurs turcs étaient autorisés à acheminer ce type de produits. Les marchandises sont désormais principalement fournies par des commerçants israéliens et remises, à l'arrivée, à des négociants agréés à Gaza chargés de les revendre sur le marché local.

Cette décision a une répercussion directe sur le marché israélien. Des importateurs, grossistes et distributeurs ont massivement liquidé leurs stocks — y compris des produits proches de la date de péremption — à prix plein. « Les entrepôts sont vides, et la demande intérieure, elle, ne diminue pas, surtout avant Pourim », s'alarme un chef d'entreprise du secteur alimentaire. « Si les réserves sont épuisées, les prix pour les consommateurs israéliens grimpent mécaniquement. »

Depuis le 8 décembre, le transfert de l'aide humanitaire vers le secteur privé s'est institutionnalisé sous l'effet des nouvelles réglementations douanières, qui réservent le statut de « fournisseur agréé » aux seules grandes enseignes — Victory, Carrefour, Mehadrin ou le groupe Newman, dont le chiffre d'affaires doit dépasser 286 à 344 millions de shekels. Chaque camion est soumis à une inspection et à des frais de supervision estimés à 10000 shekels, auxquels s'ajoute une commission de courtage d'environ 5 % de la valeur de l'envoi. Ce système concentré et rémunérateur profite à une poignée d'acteurs privés des deux côtés de la frontière.

Des voix s'élèvent en Israël pour dénoncer l'incongruité d'une situation dans laquelle l'État autorise l'acheminement de produits non essentiels vers un territoire encore sous influence du Hamas, pendant que des soldats israéliens poursuivent leurs opérations dans la bande. A cela s'ajoute que le consommateur israélien va sentir dans sa poche le fait que des confiseries soient livrées à Gaza.

Le COGAT, pour sa part, assure que « l'acheminement de l'aide s'effectue conformément aux instructions du niveau politique, dans le cadre de mécanismes de supervision visant à prévenir toute infiltration d'éléments terroristes. »

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