Le ministère américain de la Justice a adressé samedi au Congrès une liste de centaines de personnalités publiques apparaissant dans les millions de documents rendus publics dans le cadre de l’enquête sur le financier pédocriminel Jeffrey Epstein.
La liste comprend plus de 300 noms dont celui de l'ex Premier ministre israélien Itshak Shamir, d'Elvis Presley ou encore de Beyoncé. Elle a immédiatement suscité des critiques, le ministère n’ayant pas précisé la nature des liens entre ces personnalités et Epstein, ni le contexte exact dans lequel leurs noms apparaissent. Si certaines figures étaient connues pour avoir entretenu des relations personnelles avec lui, pour d’autres, aucune preuve de contact direct n’a été établie. À l’exception de Ghislaine Maxwell, condamnée pour son rôle dans le recrutement de mineures, aucune des personnes citées n’a été inculpée pour implication dans ses crimes.
Dans sa lettre au Congrès, le ministère précise que « les noms apparaissent dans des contextes variés », certains via des échanges d’e-mails avec Epstein ou Maxwell, d’autres simplement mentionnés dans des articles de presse joints à des correspondances. Il renvoie vers une base de données en ligne contenant les millions de documents publiés, tout en reconnaissant que les recherches restent complexes.
La publication a provoqué la colère de plusieurs élus. Le représentant démocrate Ro Khanna, à l’origine de la loi imposant la transparence des dossiers, a dénoncé une confusion volontaire entre « prédateurs sexuels » et personnes simplement mentionnées dans des documents. Il a jugé absurde de placer sur une même liste des personnalités sans lien apparent et des criminels condamnés.
La ministre de la Justice Pam Bondi et son adjoint Todd Blanche ont assuré que les documents avaient été publiés dans leur quasi-totalité. Mais Blanche a reconnu que près de trois millions de pièces restaient confidentielles, notamment des dossiers médicaux, des descriptions explicites d’abus ou des éléments susceptibles de compromettre des enquêtes en cours.
Depuis l’adoption de la loi, le ministère fait face à des critiques persistantes pour avoir diffusé des documents largement expurgés. Certains parlementaires ayant consulté les versions non censurées ont accusé l’administration de protéger des hommes puissants.