Alors qu'une nouvelle rencontre a lieu aujourd'hui (mardi) à Genève entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, des informations convergentes dressent un tableau glaçant de la répression qui a suivi les manifestations ayant secoué l'Iran le mois dernier.
Selon des informations publiées par le quotidien israélien HaYom et corroborées par des sources iraniennes ainsi que plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, des centaines de manifestants arrêtés lors des protestations ont été condamnés à mort au cours des deux dernières semaines, à l'issue de procès tenus en ligne, de manière accélérée, devant des tribunaux d'exception créés pour la circonstance. Les accusés n'auraient bénéficié d'aucune possibilité réelle de se défendre.
Ces révélations contredisent frontalement les déclarations d'Araghchi, qui avait affirmé sur X qu'aucun manifestant n'avait été jugé et avait nié toute exécution extrajudiciaire. Elles contredisent également les assurances données par le président Massoud Pezeshkian aux États-Unis — assurances qui auraient pesé dans la décision américaine de renoncer à une frappe militaire contre l'Iran le mois dernier.
Un habitant de Téhéran impliqué dans la documentation des protestations a confié au quotidien que les familles de plus de 3000 détenus auraient reçu une notification de décès, et que beaucoup d'entre elles auraient été contraintes de payer pour récupérer le corps de leur proche. « Ce n'est pas le résultat de coups ou de tortures isolés, a-t-il déclaré. C'est une directive venue d'en haut, une politique de terreur délibérée pour étouffer la contestation, tout en contournant les engagements pris envers les Américains. »
Le bilan total des victimes demeure inconnu. Les estimations varient considérablement selon les sources, oscillant entre quelques milliers et 30000 morts. Le régime, de son côté, reconnaît moins de 3000 décès.
The Guardian a publié aujourd'hui une série de 75 ensembles d'images médicales — radiographies et scanners — extraites clandestinement d'un hôpital d'une grande ville iranienne, toutes réalisées au cours d'une seule soirée de janvier lors de la répression des manifestants. Les clichés montrent des projectiles logés dans la poitrine, la tête et l'abdomen des victimes, ainsi que des blessures causées par des fusils de chasse tirés à très courte distance — laissant supposer que des manifestants arrêtés ont été abattus en état de détention.
La Docteure Rohini Haar, médecin urgentiste et conseillère de l'organisation Physicians for Human Rights, qui a analysé ces images, les qualifie de « bouleversantes » par leur nombre et leur gravité : « L'utilisation de munitions réelles et de projectiles de gros calibre contre autant de personnes est extrêmement inhabituelle et frappante, même à l'échelle mondiale », a-t-elle déclaré.
Les experts relèvent un schéma similaire à celui documenté lors des protestations « Femme, Vie, Liberté » de 2022 : des tirs ciblant délibérément le visage, la poitrine et les organes génitaux, caractéristiques d'une volonté de tuer ou de mutiler, et non de disperser une manifestation.
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