Moyen-Orient

Etats-Unis/Iran Trump accorde une nouvelle chance à la diplomatie ; Israël suit avec vigilance

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a confirmé hier sur X qu’un nouveau cycle de négociations entre les États-Unis et l’Iran se tiendrait jeudi prochain à Genève. Selon lui, « une dynamique positive se dessine pour franchir une étape supplémentaire vers la conclusion d’un accord ».

3 minutes
23 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Etats-Unis/Iran  Trump accorde une nouvelle chance à la diplomatie ; Israël suit avec vigilance
Où en sont les négociations ?

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L’Iran devrait transmettre aujourd’hui ou demain une proposition actualisée. Son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a déclaré lors d’un entretien accordé à CBS qu’« une solution diplomatique reste à portée de main ». Les chances d’aboutir seraient, selon lui, réelles. À Téhéran, les discussions se poursuivent pour définir les éléments susceptibles d’être intégrés à un compromis. Araghchi a insisté sur un point : si Washington souhaite régler la question du programme nucléaire iranien, « la seule voie possible est la diplomatie ». L’option militaire, a-t-il ajouté, ne ferait qu’aggraver la situation sans exercer de pression efficace sur la République islamique.

À Jérusalem, de hauts responsables politiques estiment qu’il pourrait s’agir d’une « réunion de la dernière chance », alors que l’Iran refuse jusqu’ici de répondre favorablement aux exigences américaines.

Selon ces mêmes sources, la décision du président américain Donald Trump d’accepter un nouveau cycle de discussions à Genève - adoptant ainsi la recommandation de son émissaire Steve Witkoff de donner une nouvelle opportunité à la diplomatie - a suscité une certaine surprise en Israël. Pour les responsables israéliens, il est clair que Téhéran ne semble pas disposé à un compromis substantiel qui satisferait Washington. Des sources sécuritaires israéliennes n’excluent toutefois pas un autre scénario : l’acceptation américaine de ces pourparlers pourrait relever d’une manœuvre tactique visant à tromper l’Iran, dans le cadre d’une stratégie destinée à préparer une frappe surprise.

À Jérusalem, l’inquiétude grandit face au périmètre limité des discussions. Jusqu’à présent, ni la question des missiles balistiques iraniens ni celle des réseaux régionaux de Téhéran au Moyen-Orient n’ont été abordées. Les États-Unis se concentrent exclusivement sur le dossier nucléaire.

Or, selon des responsables politiques israéliens, Israël ne tolérera pas la poursuite de la production de missiles balistiques en Iran. Si Téhéran franchit la « ligne rouge » fixée par l’État hébreu, des actions contre les installations de production pourraient être envisagées dans les mois à venir. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait clairement exposé cette position à Donald Trump.

Par ailleurs, le New York Times a rapporté qu’une des pistes de compromis actuellement examinées à Washington et à Téhéran aurait été suggérée par le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi. Elle permettrait à l’Iran d’enrichir de l’uranium en quantités très limitées et uniquement à des fins médicales, ce qui lui offrirait la possibilité d’affirmer qu’il n’a pas renoncé au principe même de l’enrichissement.

Malgré l’annonce d’un nouveau cycle de discussions, la situation demeure extrêmement fragile. En parallèle des signaux diplomatiques, les évaluations et fuites évoquant la possibilité d’une frappe contre l’Iran dans un avenir proche continuent de circuler. L’équation reste donc entière : dernière tentative de compromis ou prélude à une escalade ? À Jérusalem, on se prépare à toutes les hypothèses.

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