Moyen-Orient

Dans le Golfe, la ligne rouge se rapproche

Alors que l’Iran frappe déjà plusieurs pays du Golfe, leurs dirigeants doivent décider s’ils restent en retrait… ou s’ils rejoignent le conflit.

3 minutes
11 mars 2026

ParDelphine Miller

Dans le Golfe, la ligne rouge se rapproche
Unsplash

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Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février 2026, les monarchies du Golfe se retrouvent directement exposées aux représailles iraniennes. Plusieurs pays de la région, qui abritent d’importantes bases américaines, ont été visés par des missiles et des drones. Le Koweït affirme avoir intercepté 97 missiles balistiques et 283 drones iraniens depuis le début du conflit. L’Arabie saoudite a également été touchée : le 2 mars, une attaque de drones a frappé la raffinerie de Ras Tanura, la plus grande installation pétrolière du royaume.

Malgré ces attaques, les monarchies du Golfe n’ont pas rejoint l’offensive menée par Washington et Jérusalem contre l’Iran. Plusieurs capitales de la région cherchent au contraire à éviter une escalade directe. Selon le Times of Israël, le 7 mars, l’Arabie saoudite a engagé des contacts indirects avec Téhéran afin de réduire les tensions régionales. D’autres États du Golfe ont également multiplié les messages publics appelant à la désescalade.

Cette prudence s’explique en grande partie par la vulnérabilité stratégique de ces États. Leurs infrastructures pétrolières, leurs ports et leurs centres financiers — notamment à Riyad, Abu Dhabi ou Dubaï — constituent des cibles potentielles pour les missiles et les drones iraniens. Une guerre régionale ouverte pourrait également provoquer un choc économique majeur pour ces pays dont l’économie repose largement sur les exportations d’hydrocarbures.

Un autre facteur pourrait toutefois faire basculer la situation : le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime étroit entre l’Iran et Oman constitue l’une des routes énergétiques les plus stratégiques au monde. Environ 20 % du pétrole transporté dans le monde y transite, notamment les exportations de l’Arabie saoudite, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis. Si l’Iran décidait d’empêcher durablement les navires pétroliers de franchir ce corridor maritime, cela bloquerait une grande partie des exportations d’hydrocarbures du Golfe, qui constituent la principale source de revenus de ces États.

Dans un tel scénario, plusieurs analystes estiment que les monarchies du Golfe pourraient considérer cette action comme un véritable casus belli. Leur neutralité actuelle pourrait alors devenir difficile à maintenir, les poussant à intervenir directement dans le conflit afin de sécuriser leurs routes d’exportation.

Pour l’heure, les monarchies du Golfe tentent donc de maintenir un équilibre fragile : renforcer leurs défenses face aux attaques iraniennes tout en évitant de transformer la guerre actuelle en confrontation régionale totale.

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