Le procureur général de Tsahal, Itai Ofir, a décidé ce jeudi d’annuler l’acte d’accusation visant cinq soldats impliqués dans l’affaire « Sde Teman », a annoncé le porte-parole de l’armée israélienne. Cette décision intervient à l’issue d’un réexamen complet du dossier et des éléments de preuve.
Les réservistes impliqués servant dans la "Force 100" étaient notamment suspectés de viol à l'encontre d'un détenu palestinien à la base militaire de Sde Teman, qui abrite de nombreux terroristes suspectés d'être impliqués dans les attaques du 7 octobre.
Selon l’armée, plusieurs facteurs ont conduit à l’abandon des poursuites, notamment le manque de preuves, des irrégularités dans la conduite de l’affaire et des atteintes au droit des accusés à un procès équitable. Des responsables proches du procureur militaire ont également évoqué des comportements jugés inhabituels de la part de certains hauts responsables impliqués dans le dossier.
L'un des développements majeurs en faveur des soldats réside dans le fait que le détenu victime de violences présumées - qui constitue le principal témoin dans l'affaire - a été relâché de prison et est retourné à Gaza dans le cadre des accords de libération d'otages incluant en échange la libération de terroristes palestiniens.
L’entourage du procureur général militaire a qualifié cette décision de « courageuse » et « difficile », estimant qu’il était impossible d’obtenir une condamnation dans ces conditions. Selon ces sources, même si la procédure judiciaire avait duré plusieurs années, les soldats auraient probablement été acquittés.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a apporté son plein soutien à cette décision et a demandé que les leçons de cette affaire soient tirées afin d’éviter des dysfonctionnements similaires à l’avenir.
D’après plusieurs informations relayées dans les médias israéliens, l’abandon des charges serait également lié à ce que des responsables militaires ont décrit comme une « conduite grave » de certains anciens cadres du système judiciaire militaire. Le procureur général militaire a toutefois assuré qu’aucune pression politique n’avait été exercée pour classer l’affaire. La conseillère juridique du gouvernement aurait été informée de la décision peu avant son annonce publique.
Réactions politiques
La décision a rapidement suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique israélienne. Le député Likoud Boaz Bismuth s’est félicité de la fin de ce qu’il a qualifié « d’accusation infondée » contre les soldats, annonçant que la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, qu’il préside, examinerait les irrégularités mises en lumière par l’affaire.
Le député du Sionisme religieux Zvi Sukkot a lui aussi salué la décision, affirmant qu’elle confirmait les critiques formulées depuis le début contre la procédure judiciaire engagée contre les militaires.
Plusieurs ministres ont également exprimé leur soutien aux soldats. La ministre Gila Gamliel a estimé que la clôture du dossier constituait une « réparation d’une injustice » et un moment de réhabilitation pour les combattants concernés.
À l’inverse, certains responsables politiques ont appelé à ouvrir des enquêtes sur la gestion de l’affaire par le système judiciaire et par le parquet. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a vivement critiqué les autorités judiciaires, estimant que l’abandon des charges constituait « une mise en accusation du système judiciaire lui-même ».
De son côté, le ministre des Communications, Shlomo Kahi, a appelé certains médias à reconnaître leur responsabilité dans la diffusion d’éléments qu’il juge préjudiciables à la réputation des soldats.
L’affaire, très médiatisée en Israël, avait provoqué ces derniers mois une vive controverse politique et judiciaire autour de la fuite aux médias d'une vidéo prise à la base de Sde Teman, seul élément mettant en cause les soldats de la Force 100. Les investigations se poursuivent après que l'ex-procureure générale militaire en chef, Yifat Tomer-Yerushalmi, a avoué avoir elle-même orchestré la fuite de la vidéo dans les médias. médias.
Les réservistes impliqués ont, quant à eux, déposé une plainte en justice contre un certain nombre d'acteurs liés à l'affaire et récament cinq millions de shekels de dommages et intérêts.
L’armée affirme désormais vouloir tirer des enseignements de cet épisode afin d’éviter de nouvelles irrégularités dans la gestion d’affaires impliquant des militaires.
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