Cinq mois après avoir perdu son mari Shahar Bozaglo, Adi a donné naissance à leur fils. Dans une publication personnelle et bouleversante partagée sur les réseaux sociaux en fin de semaine, elle a décrit le chemin parcouru — de la douleur immense jusqu'au moment de la naissance et à l'espoir renaissant.
« Nous aurions dû être trois ici maintenant », a-t-elle écrit. « Et rien au monde ne peut prendre ni atténuer la force de la douleur et du manque, aux côtés de l'amour immense que je ressens pour ce miracle. »
Après la semaine de deuil, elle a décidé de partir dans le désert pour s'extraire quelque temps d'une réalité trop lourde. Là-bas, sous la pleine lune, elle a compris à quel point le temps s'était arrêté pour elle. « Je me tenais là à regarder la lune et je ne comprenais pas comment on était déjà au milieu du mois. Rosh Hashana me semblait tout juste passé », a-t-elle raconté. « C'est là que j'ai compris cette expression : le temps s'est immobilisé. »
Adi décrit le jour où sa vie a basculé pour toujours — la veille de Rosh Hashana, le jour où elle a perdu Shahar. « La lune a continué à se remplir, les jours ont continué à passer, les fêtes sont venues et reparties », a-t-elle écrit. « Mais pour moi, le temps est resté figé dans cet instant terrible et horrible. Le jour où mon cœur a cessé de battre avec le tien. »
La vie, pourtant, continuait de grandir en elle. « Parallèlement à ce vide immense où chaque instant sans toi est un abîme de tristesse et de douleur, mon ventre continuait à s'arrondir. Et aux côtés de la paralysie de la mort, une vie grandissait. »
Le jour de l'accouchement, elle a retrouvé la même image qu'au désert : une pleine lune. « Sur le chemin de l'hôpital, à cinq heures du matin, entre deux contractions, j'ai de nouveau vu la pleine lune », a-t-elle écrit. « Et j'ai su qu'aujourd'hui j'allais accoucher. Me remplir, moi aussi. » Ce moment a incarné pour elle toute la tension entre le deuil et la vie nouvelle. « Comme la lune qui se remplit et se vide, je porte moi aussi ces deux mouvements en moi. Il y a l'obscurité et il y a la lumière, et l'une n'annule pas l'autre. »
Shahar, z'l.
Elle a prénommé leur fils Ivri (Hébreu, ndlr)— un prénom qu'ils avaient choisi ensemble bien avant leurs fiançailles. « Ivri est un nom qui représente pour nous le lien à nos racines anciennes, à la tradition, mais aussi à la langue qui se renouvelle et à la vie en Terre d'Israël », a-t-elle écrit. « Un nom qui relie le passé à un souffle vivant qui ne cesse de se renouveler. »