Depuis, l’organisation chiite a revendiqué plus de 280 attaques menées à l’aide de roquettes, missiles, drones et tirs antichars, contre des cibles militaires et civiles en Israël ainsi que contre des forces de Tsahal opérant dans le sud du Liban.
L’organisation terroriste chiite affirme que les efforts diplomatiques de l’État libanais ont échoué à mettre fin à ce qu’elle décrit comme une « agression » israélienne continue. Son secrétaire général, Naïm Qassem, a aussi reconnu que la campagne israélo-américaine contre l’Iran et l’élimination d’Ali Khamenei ont fourni, du point de vue du mouvement, le moment opportun pour reprendre les hostilités.
Le Hezbollah fixe plusieurs conditions à un arrêt des combats : la fin des frappes israéliennes, le retrait de Tsahal du territoire libanais, la libération des Libanais détenus par Israël et le retour des déplacés dans leurs villages du sud du Liban. Mais derrière ces exigences immédiates se profile un objectif plus large : rétablir ce que l’organisation appelle son « équation de dissuasion » face à Israël, c’est-à-dire revenir à la situation qui prévalait avant le 8 octobre 2023, date de son entrée dans la guerre en soutien à Gaza.
Sur le plan militaire, le mouvement affirme avoir tiré les leçons de la campagne précédente. Selon ses responsables et les médias qui lui sont proches, il a adopté une organisation plus décentralisée, reposant sur de petites cellules, une mobilité accrue, davantage de discrétion et une logique de guérilla. Le Hezbollah assure aussi avoir remis en ligne certaines unités durement touchées auparavant, notamment la force Radwan et son unité aérienne chargée des drones.
L’un des enseignements majeurs de cette nouvelle phase est que le Hezbollah conserve, malgré les coups subis, une capacité de commandement et de coordination réelle. Les attaques revendiquées montrent qu’il peut combiner des tirs depuis différentes régions du Liban, mener des affrontements de proximité contre les forces israéliennes dans le sud du pays et, surtout, agir de manière coordonnée avec l’Iran. Téhéran et le Hezbollah ont d’ailleurs confirmé des attaques conjointes mêlant missiles balistiques iraniens, drones et salves de roquettes depuis le Liban, dans le but manifeste de saturer les défenses israéliennes.
Cette séquence met aussi en lumière les limites du pouvoir libanais. Alors que l’armée libanaise affirmait avoir consolidé son contrôle au sud du Litani dans le cadre de la mise en œuvre du monopole étatique sur les armes, les affrontements signalés le long de la frontière montrent que le Hezbollah conserve toujours une présence opérationnelle dans cette zone sensible.
En parallèle de la guerre militaire, l’organisation mène une offensive psychologique très structurée. Elle diffuse des vidéos de tirs, des cartes de ses attaques présumées, des messages d’évacuation adressés à des villes israéliennes du nord, et cherche à nourrir l’image d’un mouvement capable de frapper en profondeur, de surprendre Israël et de protéger le Liban. Ce travail de communication vise autant l’opinion israélienne que son public chiite au Liban, dont le soutien reste essentiel.
Au total, la campagne actuelle suggère que le Hezbollah ne cherche pas nécessairement une guerre totale immédiate, mais plutôt une escalade calibrée. L’organisation semble vouloir imposer une nouvelle équation, préserver ses capacités, empêcher son désarmement et sortir de ce cycle avec une forme d’arrangement temporaire qui lui permettrait de se reconstituer.
Derrière le discours de la « défense », l’enjeu est donc aussi politique : démontrer qu’en dépit des pressions israéliennes, américaines et libanaises, le Hezbollah reste un acteur militaire central au Liban, capable d’ouvrir le feu, de coordonner ses attaques avec l’Iran et de peser sur toute future recomposition régionale.
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