Des dizaines de pièces de monnaie antiques, datant de la période du Second Temple, ont été interceptées à la fin du mois dernier lors d'un contrôle au passage de Hizme, à l'entrée de Jérusalem, par des agents de la police des frontières et des inspecteurs des douanes.
Le conducteur du véhicule, un médecin palestinien qui travaille dans un hôpital israélien, est soupçonné d'avoir tenté d'introduire clandestinement ces pièces depuis la Judée-Samarie vers Jérusalem, en profitant de son métier et de son statut. À la découverte d'une boîte dissimulée dans le véhicule, des archéologues de l'Autorité israélienne des antiquités ont été dépêchés sur place pour authentifier les objets.
Les pièces saisies couvrent plusieurs siècles de l'histoire juive antique. Parmi elles figurent des monnaies frappées sous les rois hasmonéens Jean Hyrcan Ier et Alexandre Jannée, ainsi que des shekels en argent pur issus des deuxième et troisième années de la Grande Révolte juive contre Rome — portant en hébreu ancien les inscriptions « Shekel d'Israël » et « Jérusalem la Sainte ». Des pièces de bronze de la quatrième année de cette même révolte, ornées des quatre espèces végétales associées à la fête de Souccot, ont également été retrouvées. La collection comprend enfin des monnaies de la révolte de Bar Kokhba, frappées au nom de « Shimon » et portant la mention « Année 2 de la liberté d'Israël ».
Pour Ilan Hadad, responsable du contrôle du commerce des antiquités, les pièces auraient été extraites illégalement à l'aide de détecteurs de métaux, avant d'être partiellement nettoyées de manière maladroite — causant des dommages irréversibles à certaines d'entre elles. Leur destination probable : des collectionneurs privés, des réseaux de trafic clandestin en Israël, voire des salles de ventes aux enchères à l'étranger.
Ilan Hadad. Photo: Yuli Schwartz, Autorité des Antiquités