Les États-Unis demandent au Bahreïn de soumettre dès cette semaine au Conseil de sécurité de l'ONU une proposition visant à garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. Ce qui rend la démarche particulièrement significative, c'est le cadre juridique choisi : le texte serait présenté sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies — et non sous le Chapitre VI, qui n'a qu'une portée déclaratoire. Concrètement, cela autoriserait les États membres à prendre des mesures opérationnelles contre tout contrevenant — en l'occurrence l'Iran — sans avoir besoin d'un nouveau vote.
Selon des informations révélés sur le site israélien Hayom, le texte cible explicitement Téhéran. Il affirme que « les actions continues de l'Iran dans la zone du détroit d'Ormuz, y compris les menaces et attaques répétées contre des navires, constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales », réaffirme le droit au libre passage dans le détroit conformément au droit international, et exige de l'Iran qu'il « cesse immédiatement toute attaque contre des navires commerciaux et toute tentative d'entraver la liberté de navigation ». La proposition prévoit également des sanctions ciblées contre les entités qui porteraient atteinte à cette liberté, et autoriserait les États membres à agir, seuls ou en coalition, y compris dans les eaux territoriales des États riverains, pour garantir le libre passage.
Ce cadre juridique fournirait une couverture internationale à la coalition maritime que Trump cherche à constituer avec ses alliés. Le Président américain exige en effet que ces derniers prennent en charge l'escorte des navires commerciaux menacés par l'Iran dans le détroit. Le Premier ministre britannique Keir Starmer aurait déjà accepté de contribuer à cette force. Washington souhaite que le texte soit soumis au vote dès jeudi ou vendredi, signe que Trump n'attend pas l'issue hypothétique des négociations qui devraient se tenir jeudi à Islamabad et avance simultanément sur les fronts diplomatique et militaire.
Mais un obstacle se dresse du côté européen : la France. Alors que le Bahreïn a soumis un texte accepté à la fois par les pays du Golfe et par Washington, Paris pousse une version radicalement différente — bien plus modérée sur le fond, et surtout présentée sous le Chapitre VI, ce qui la priverait de tout effet contraignant. Pour faire adopter sa résolution, Washington devra donc affronter non seulement les vétos prévisibles de la Chine et de la Russie, mais aussi l'opposition d'un allié européen membre permanent du Conseil.
Un nouvel épisode dans les relations complexes entre Emmanuel Macron et Donald Trump s'ouvre donc à l'ONU.
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