International

L'UE examinera lundi des sanctions contre Israël à l'initiative de la France

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent lundi à Bruxelles pour examiner une série de mesures punitives contre Israël.

4 minutes
8 mai 2026

ParGuitel Benishay

L'UE examinera lundi des sanctions contre Israël à l'initiative de la France
Photo: IStock

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Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent ce lundi à Bruxelles pour examiner une série de mesures punitives contre Israël. Selon des diplomates israéliens au fait du dossier, le risque que ces décisions soient adoptées est réel et significatif.

La mesure phare à l'ordre du jour, portée par la France et la Suède, prévoit l'imposition de droits de douane généralisés sur l'ensemble des marchandises issues de Judée-Samarie mais aussi du Plateau du Golan et de Jérusalem-Est. Concrètement, cela se traduirait par une hausse de 20 à 30 % du prix de ces produits sur le marché européen, affectant directement les dattes de la vallée du Jourdain, les vins du Golan, les cosmétiques à base de la mer Morte ainsi que les épices et champignons de Tekoa.

Du point de vue européen, il ne s'agit pas d'une sanction, mais d'une suppression d'avantages tarifaires accordés dans le cadre de l'accord d'association UE-Israël. La dernière mesure comparable remontait à 2016, avec l'étiquetage obligatoire des produits de Judée-Samarie, une décision alors appliquée de manière inégale par les États membres.

Des diplomates israéliens ont détaillé les facteurs ayant alimenté l'exaspération européenne : les violences de certains citoyens israéliens en Judée-Samarie, la législation instituant la peine de mort pour les terroristes, le projet de retrait de l'Accord de Paris sur le climat, la construction massive en Judée-Samarie, et plusieurs incidents antichrétiens dont l'agression d'une religieuse française près du tombeau de David ou encore la profanation de statues du Christ et de la Vierge Marie au Sud Liban. L'épisode avec le Patriarche latin de Jérusalem empêché d'accéder à l'Eglise du Saint-Sépulcre pour le Dimanche des rameaux, en raison de la guerre contre l'Iran, a provoqué une vive réaction en Italie, pays qui se considère comme le protecteur du monde catholique. Selon des sources diplomatiques, Israël aurait « peut-être perdu l'Italie », ce qui constituerait un tournant majeur.

La décision ne requiert pas l'unanimité des 27 États membres, mais une majorité qualifiée. Le vote repose désormais essentiellement sur deux pays : l'Italie et l'Allemagne, qui avaient bloqué des mesures similaires le mois dernier. Si l'Italie semble avoir basculé, l'Allemagne reste la dernière ligne de défense pour Israël ce qui explique le déplacement en urgence du ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar à Berlin cette semaine.

Pendant des années, la Hongrie de Viktor Orbán avait systématiquement opposé son veto aux sanctions anti-israéliennes. Mais depuis la défaite d'Orbán, le nouveau Premier ministre élu Péter Magyar cherche à débloquer 13 milliards d'euros de fonds européens gelés et tout indique qu'il acceptera de lever le veto hongrois en échange. Orbán et son ministre des Affaires étrangères sont toujours en poste, mais ont cessé de se rendre aux réunions à Bruxelles. C'est désormais l'esprit de Magyar qui prévaut.

Parmi les autres mesures à l'ordre du jour figure l'imposition de sanctions personnelles contre les ministres Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, ainsi que contre des citoyens israéliens soupçonnés de violences en Judée-Samarie. Ces mesures requièrent l'unanimité mais le veto hongrois qui les avait jusqu'ici bloquées semble désormais appartenir au passé. Les pays les plus hostiles à Israël au sein de l'UE - Espagne, Irlande et Slovénie - préparent activement de nouvelles initiatives punitives dans ce contexte renouvelé.

Michael Mann, ambassadeur de l'Union européenne en Israël, a livré un avertissement sans détour lors d'un discours prononcé à la conférence annuelle de la Fondation Berl Katznelson : « La croissance dramatique des colonies (sic) est une ligne rouge. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'arrêter, y compris par des sanctions. » Il a également précisé : « Il y a des plans à Bruxelles pour des sanctions supplémentaires contre des colons en Cisjordanie (sic). Un pays s'y oppose encore, je ne sais pas si cela changera, mais les signes semblent positifs. »

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