Il y a encore deux jours, les rayons des supermarchés restaient étonnamment calmes. Peu d’achats, peu d’anticipation. En cause : une incertitude persistante. Il faut dire que les familles ne savent toujours pas dans quelles conditions elles célébreront le Seder, en grand comité, en petit groupe, voire confinées à proximité d’un abri. Mais en l’espace de 36 heures, le mouvement s’est enclenché. Les consommateurs se réveillent progressivement. Car malgré tout, une évidence s’impose : il y aura bien un Seder mercredi soir.
Premier symptôme de cette adaptation : la pénurie de matsot. Boudées en rayon ces dernières semaines, elles commencent soudain à manquer. Une situation anticipée par certains acteurs du secteur : les familles, qui ne se réunissent plus en un seul lieu, doivent désormais acheter pour plusieurs foyers, multipliant la demande. Les industriels, eux, avaient misé sur un scénario différent avec des centaines de milliers d’Israéliens à l’étranger pour les fêtes. Résultat : une production insuffisante face à une demande éclatée, aggravée par les difficultés de main-d’œuvre sous les alertes.
Les chiffres confirment cette atmosphère particulière. Selon une étude récente, le nombre de transactions n’a augmenté que de 2 % sur les deux dernières semaines, contre près de 20 % l’an dernier à la même période.
Certains secteurs sont particulièrement touchés : tourisme : en chute, à l’exception d’Eilat et Mitspe Ramon, mode : -20 %, équipements de la maison : -11 %, grande distribution : -9 %
À contre-courant, un secteur explose : l’électronique, avec une hausse proche de 90 %. Un phénomène déjà observé pendant le Covid : rester chez soi pousse à s’équiper, à améliorer son confort et à transformer son intérieur.