Economies & sciences

Accord maritime Israël–Liban : que contient réellement le texte au cœur des critiques ?

Certains responsables politiques le qualifient de « l’un des plus grands dommages causés à l’État ».

3 minutes
6 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Accord maritime Israël–Liban : que contient réellement le texte au cœur des critiques ?
Crédit : Flash90

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L’accord maritime signé en 2022 entre Israël et le Liban continue de susciter de vives critiques dans la classe politique israélienne. Certains responsables le qualifient même de « l’un des plus grands dommages causés à l’État ». Mais que prévoit réellement cet accord, souvent évoqué mais rarement détaillé ?

Avant sa signature, la frontière maritime entre les deux pays n’était pas délimitée. Les deux parties revendiquaient une zone d’environ 860 km², située entre la « ligne 1 » défendue par Israël et la « ligne 23 » avancée par le Liban. Contrairement à une idée répandue, les négociations n’ont pas débuté sous les gouvernements de Yair Lapid ou de Naftali Bennett, mais dès 2011, sous le mandat de Benyamin Netanyahu, avec une médiation américaine. L’accord final entérine une frontière fondée principalement sur la ligne 23, tout en maintenant le statu quo sur les cinq kilomètres proches des côtes, selon la ligne de bouées définie après le retrait israélien du Liban en 2000.

L’une des critiques majeures porte sur une supposée cession de territoire souverain. En réalité, seule une portion très limitée de la zone contestée - environ 5,8 km² - relevait des eaux territoriales israéliennes, c’est-à-dire de la zone où l’État exerce une souveraineté pleine. Le reste correspond à des eaux économiques, dans lesquelles les États ne sont pas souverains mais disposent de droits d’exploitation des ressources naturelles. Ces zones donnent fréquemment lieu à des chevauchements et nécessitent des accords de délimitation.

Autre accusation largement relayée : Israël aurait cédé des ressources gazières au Liban. L’accord prévoit en effet que le champ offshore dit « Qana-Sidon » soit exploité par le Liban. Toutefois, ce gisement déborde partiellement sur la zone israélienne, ce qui a conduit à la mise en place d’un mécanisme de compensation financière au profit d’Israël, sous forme de redevances négociées avec l’entreprise exploitante avant tout forage. Par ailleurs, aucun forage ne peut être réalisé du côté israélien sans son accord.

Surtout, à ce jour, aucun gisement exploitable n’a été confirmé dans cette zone. Les premières explorations menées en 2023 ont conclu à l’absence de gaz dans le champ Qana. Les recherches se poursuivent dans d’autres secteurs, notamment dans une zone appelée « bloc 8 », également issue du périmètre initialement disputé. Dans les faits, l’accord n’a pour l’instant généré ni production de gaz ni bénéfices économiques concrets pour le Liban.

En définitive, l’accord de 2022 a permis de régler un différend maritime ancien et de stabiliser une frontière sensible, mais ses retombées économiques, souvent mises en avant dans le débat politique, restent à ce stade largement hypothétiques.

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