Dans les cabinets de conseil fiscal israéliens, une nouvelle destination s'est imposée dans les conversations ces dernières semaines. Pas Nicosie, pas les Caraïbes mais Ashkelon. La ville côtière du sud d'Israël, longtemps perçue comme une périphérie sans attrait particulier pour les hauts revenus, est en passe de devenir l'un des coups les plus futés de la planification fiscale nationale.
Depuis l'adoption discrète d'une loi à la Knesset il y a environ trois semaines, les résidents d'Ashkelon bénéficient d'un crédit d'impôt de 7 % sur leurs revenus, rétroactif à janvier 2026. Pour un couple de salariés aux revenus moyens, la traduction concrète est immédiate : près de 1 700 shekels de plus dans la poche chaque mois, sans changer de poste, sans négocier d'augmentation, sans quitter la région.
Ce type de mesure n'est pas une nouveauté en soi. Israël accorde depuis longtemps des avantages fiscaux aux habitants des zones les plus exposées, fronts nord et sud, communautés rurales isolées soumises à des menaces sécuritaires régulières. L'idée est de compenser financièrement ceux qui acceptent de vivre dans des conditions difficiles.
L'idée que beaucoup pourraient adopter dans ce contexte est de conserver son emploi à Tel-Aviv, déménager à Ashkelon qui se trouve à quarante minutes en train et empocher une revalorisation nette de 7 % de son revenu disponible, sans rien changer d'autre à son quotidien professionnel.
À titre de comparaison, monter une structure offshore à Chypre pour obtenir un avantage équivalent implique des frais de constitution, des obligations comptables annuelles, des risques de requalification fiscale et une complexité administrative croissante. Ashkelon, elle, ne demande qu'un contrat de bail.
Le crédit s'applique jusqu'à un plafond mensuel de près de 147 000 shekels, un niveau qui englobe la quasi-totalité des contribuables, et vient en complément des crédits d'impôt classiques déjà accordés par l'État.
La municipalité d'Ashkelon a diffusé auprès de ses résidents un guide pratique détaillant les démarches pour activer la mesure.
La ville a toutes les raisons de se montrer proactive. Si une fraction même modeste des actifs du Grand Tel-Aviv arbitre en faveur d'un déménagement vers le sud pour des motifs fiscaux, c'est un afflux de contribuables aisés, une hausse des recettes municipales et un regain démographique que peu de villes périphériques auraient osé espérer.
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